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Société & Culture

Santé : maux et débats

Elsa Nkana Joséphine Ayo-Bivigou, ministre de la Santé

L'autre plaie purulente du pays reste sans conteste la situation sanitaire nationale qui connaît, à bien des niveaux, plusieurs manquements ou insuffisances. Il suffit de se rendre dans nos hôpitaux pour se convaincre des maux qui minent ces lieux de santé publique.

Lundi, dans son adresse devant le Parlement réuni en Congrès, la clé de voûte des institutions de la République n'y est pas allée avec le dos de la cuillère. Il a reconnu, mais sans fioritures, que "notre médecine est sous-équipée, sous-dotée voire épuisée par des années de désengagement de l'État".

Devant un tel état, qu'il a du reste déploré, le numéro un gabonais a dit nourrir une vision. Celle qui consiste notamment à doter le "Grand Libreville" d'infrastructures sanitaires ; à renforcer les capacités des personnels médicaux et paramédicaux afin de faire du Gabon, un "grand pôle régional et continental" en matière d'offre de soins de haute qualité. Y compris dans les chefs-lieux de provinces et de départements.

Pourtant, si le président Oligui Nguema s'est réjoui des avancées enregistrées à ce jour – trois promotions successives de médecins et pharmaciens ; plusieurs agents de santé mis en solde ; des Centres hospitaliers régionaux et départementaux érigés et réhabilités, sans omettre l'acquisition de matériel, le renforcement du plateau technique et la dotation d'ambulances dans les structures de santé –, il n'en demeure pas moins que le chantier visant à combler, autant que faire se peut, les besoins en matière de santé publique demeure titanesque. Toute chose qui exige une attention appuyée. Sinon des investissements réguliers et conséquents pour espérer relever le défi d'une "santé pour tous". Pour mieux combattre le paludisme, la tuberculose, le VIH, le diabète, l'hypertension, les cancers…, qui continuent de sévir. De même, pour inverser une courbe : celle de la mortalité maternelle et néonatale encore élevée dans notre pays.

Le défi est important. Mais on peut y arriver en ravitaillant régulièrement nos structures sanitaires publiques en médicaments ; en renforçant le personnel médical qualifié et les équipements de diagnostic (plateaux techniques) et de traitement afin de limiter les évacuations vers l'étranger.

Ce n'est qu'à ce titre, pense-ton, que notre système de santé que "chacun d'entre nous connaît", pourrait persuader ceux qui ont les moyens d'aller hors du pays, à se soigner sur place. Le rêve est permis, et la réalité n'est pas impossible avec une dose de volonté.

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