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Société & Culture

Liberté de la presse : le Gabon recule dans le classement mondial de RSF

Liberté de la presse au Gabon

À la veille de la célébration de la Journée internationale de la liberté de la presse, l’organisation Reporters sans frontières (RSF) a rendu public son 25e Classement mondial de la liberté de la presse. L’édition 2026 dresse un constat globalement préoccupant : la situation du journalisme continue de se dégrader dans le monde, dans un contexte marqué par les pressions politiques, les dérives autoritaires et la fragilisation économique des médias. Selon l’ONG, 100 pays sur 180 enregistrent une baisse de leur score cette année.

Dans ce panorama international contrasté, le Gabon perd deux points et recule légèrement, occupant désormais la 43e place mondiale contre la 41e en 2025. Malgré ce recul, le pays demeure parmi les États africains les mieux classés, preuve d’un environnement médiatique encore relativement ouvert comparé à certaines régions du continent.

RSF souligne toutefois que « la tradition d’une presse libre et indépendante n’a pas encore véritablement pris pied au Gabon, y compris en ligne ». L’organisation pointe notamment la domination du paysage audiovisuel par des médias publics jugés très partisans ainsi que l’exclusion régulière de journalistes indépendants de certaines manifestations officielles.

Le rôle de la Haute Autorité de la communication (HAC) suscite également des inquiétudes. L’ONG dénonce des suspensions jugées arbitraires et un manque d’indépendance du régulateur, renforcé par la réforme de juillet 2023 ayant redonné au gouvernement la nomination de l’ensemble de ses membres, au détriment de la représentation des professionnels des médias.

Sur le plan juridique, la liberté d’expression demeure garantie par la Constitution et la loi sur la communication de 2016 a supprimé les peines d’emprisonnement pour les délits de presse. Toutefois, RSF estime que certaines dispositions restent floues, exposant les journalistes à des interprétations extensives de la loi. Des convocations régulières par les services de sécurité continuent par ailleurs d’alimenter un climat d’intimidation.

La fragilité économique constitue un autre défi majeur. Malgré une répartition plus équitable de l’aide publique depuis 2020, plusieurs médias restent affaiblis par la crise des matières premières et les conséquences de la pandémie de COVID-19. Le marché publicitaire s’est contracté et la publicité institutionnelle demeure concentrée entre quelques organes identifiés.

Enfin, RSF note que, depuis les événements politiques de 2023, certaines améliorations ont été observées, notamment le retour de journalistes exilés et une diminution des arrestations arbitraires. Un signal encourageant, mais insuffisant pour inverser une tendance mondiale où la liberté d’informer reste plus que jamais sous pression.

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