À l'instar de la communauté internationale, le Gabon a commémoré, hier, 4 mars, la Journée mondiale de l'obésité. L'événement n'a certes pas connu d'écho particulier ou de manifestation officielle dans le pays. Mais, pour cette édition, l'OMS appelle les différents États, à travers le monde, à lutter efficacement contre cette affection qui prend de l'ampleur dans les sociétés.
Longtemps considérée comme un problème des pays riches, l’obésité touche désormais tous les continents. Selon l’OMS, plus d’un milliard de personnes vivent aujourd’hui avec cette pathologie, dont 880 millions d’adultes et 159 millions d’enfants. Derrière ces chiffres pour le moins effarants, des risques accrus de diabète de type 2, d’hypertension, de maladies cardiovasculaires et de certains cancers.
En Afrique, la transition nutritionnelle a bouleversé les habitudes. Le continent, historiquement confronté à la sous-nutrition, fait désormais face à un "double fardeau". La prévalence de l’obésité y a triplé en quelques décennies. En Afrique centrale, environ 8% des adultes sont obèses, avec des taux plus élevés en zone urbaine.L’essor des produits ultra-transformés, riches en sucres, en graisses et en sel, conjugué à la baisse de l’activité physique, alimente cette progression.
Au Gabon, la situation est particulièrement préoccupante. Près de 18% des adultes seraient touchés. Les femmes en paient le plus lourd tribut : plus de 22% sont concernées, contre environ 11% des hommes.
Le surpoids dépasse les 30% chez les femmes en âge de procréer. Avec plus de 90% de la population vivant en ville, la sédentarité s’installe. À Libreville notamment, l’usage massif du transport et la multiplication des enseignes de restauration rapide réduisent l’activité physique quotidienne.
L’OMS rappelle que l’obésité ne relève pas d’un simple manque de volonté individuelle. Mais résulte d’interactions complexes entre facteurs génétiques, biologiques et environnementaux.
Le coût élevé des produits frais face à l’accessibilité des boissons sucrées et aliments transformés favorise un environnement dit "obésogène". La stigmatisation des patients freine également la prise en charge.
Pour inverser la tendance, l’Organisation mondiale préconise la taxation des boissons sucrées, la régulation de la publicité destinée aux enfants et l’intégration du traitement de l’obésité dans les soins primaires.
Sur le plan national, la sensibilisation dès l’école et un aménagement urbain propice à la marche et au sport apparaissent comme des leviers essentiels. Plus qu’un slogan, "8 milliards de raisons d’agir", le thème retenu pour 2026, sonne comme un sérieux avertissement. Une sonnette d'alarme face à un mal pernicieux.
random pub
