Depuis quelques jours, les membres du gouvernement se livrent à un exercice des plus délicats : décliner leurs feuilles de route respectives, entre bilan des 30 premiers jours et projections sur les 70 à venir. Pour le ministère du Commerce, des PME, des PMI et de l’Entrepreneuriat des jeunes, les attentes sont particulièrement fortes, tant l’employabilité des jeunes demeure une préoccupation majeure.
La stratégie annoncée s’inscrit dans les grands chantiers de la Ve République, adossée au Plan stratégique sur la construction du nouvel édifice (PSNE) Gabon et au Programme national de croissance et de développement (PNCD). Elle prévoit notamment la création d’une plateforme numérique de financement, la révision de la loi sur les PME, l’opérationnalisation du Comité national de la sous-traitance, la mobilisation des partenaires financiers, ainsi que l’accompagnement de jeunes porteurs de projets.
Plusieurs initiatives phares doivent être relancées, à l’image des projets "Un Gabonais un box", "Gab-Lub", dont la mise en oeuvre effective semble connaître quelques contraintes, ou "Un Gabonais une épicerie", entre autres.
Cependant, si la feuille de route séduit par son ambition, sa faisabilité interroge. Les contraintes budgétaires restent fortes et conditionnent largement la mise en oeuvre effective de ces projets, d’autant que les délais annoncés – pour les 100 prochains jours – paraissent courts au regard des lourdeurs administratives et des réalités financières de l’État.
Autre limite notable : la faible prise en compte des petits métiers (couture, restauration, maraîchage, cordonnerie…), pourtant essentiels au tissu économique local et à l’insertion rapide des jeunes. Or, c’est dans ces secteurs de proximité que se trouve un potentiel immédiat de création d’emplois durables.
Entre volontarisme politique et contraintes structurelles, le défi reste entier pour transformer les annonces en actions concrètes et inclusives.
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