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Faits divers & Justice

Esther miracle : des peines de prison et de lourdes amendes prononcées

Navire Esther Miracle

Les parties civiles et les personnes jugées dans l'affaire Esther miracle sont désormais fixées par la justice. Hier, le Tribunal correctionnel de Libreville a rendu sa décision, 3 ans après le naufrage de ce navire exploité par Royal coast marine, dans la nuit du 8 au 9 mars 2023, alors qu'il allait à Port-Gentil.

La juridiction de jugement a condamné la compagnie maritime précitée ainsi que 8 responsables à verser, solidairement, la somme de 248 millions de FCFA aux victimes et survivants du drame, au titre des dommages et intérêts. Mais d'autres sanctions ont également été prononcées individuellement.

De même, elle a reconnu Royal coast marine, Noelson Gabriel Ranaïvomanana Rivo (commandant du ferry), Birane Diallo Pape (responsable de la transformation du navire), Fidèle Angoue Mba (ex-directeur général de la Marine marchande), Bertrand Zue Nguema (directeur provincial adjoint de la Marine marchande au moment du drame), Bernadin Endamane Engone (ancien directeur de la Flotte à la Marine marchande), Loïc Larr Ndoumou Biyoghe, Joseph Hans Ivombo Mamboundou et Ambroisine Bissagou-Mbadinga coupables du délit de mise en danger de la vie d’autrui.

Loïc Larr Ndoumou Biyoghe et Noelson Gabriel Ranaïvomanana Rivo ont aussi été reconnus coupables d’homicides involontaires. Si la compagnie Royal coast marine a été condamnée à 5 millions de FCFA d'amende, plusieurs prévenus ont écopé, chacun, d'une amende d'un million de francs et de 38 mois de prison ferme. Cette dernière sanction pénale couvre quasiment la durée de la détention préventive, pour certains.

Il importe de noter, en outre, que le Tribunal correctionnel a déclaré non-coupables de la mise en danger de la vie d'autrui le nommé Armand Blaise Mbadinga, directeur général de Royal coast marine. Et a condamné Ambroisine Bissagou-Mbadinga et Loïc Larr Ndoumou Biyoghe à une peine de 38 mois d'emprisonnement avec sursis, assortie d'une amende d'un million de francs.

Les nommés Noelson Gabriel Ranaïvomanana, Joseph Hans Ivombo Mamboundou, Birane Diallo Pape, Loïc Larr Ndoumou Biyoghe, Ambroisine Bissagou-Mbadinga, Fidèle Angoue Mba, Bertrand Zue Nguema et Bernadin Endamane Engone ont été condamnés à payer aux dépens.

Par ailleurs, la compagnie Royal coast marine a été déclarée civilement responsable. De ce fait, Ascoma, son assureur, est tenu de garantir les clauses du contrat avec son client pour garantir les indemnisations des parties civiles.

La décision du Tribunal correctionnel de Libreville était très attendue par les familles des victimes et les rescapés. Ces derniers, lors des débats à la barre, n'ont eu de cesse de glacer la salle par leurs témoignages. Le récit d'une nuit tragique et qui devrait rester gravée dans la mémoire collective.

Officiellement, le drame de l'Esther miracle avait fait 34 morts et 16 disparus sur la centaine de passagers ayant embarqué en direction de la cité pétrolière du Gabon. Un lourd bilan qui a révélé les failles du dispositif national de secours.

Car, alors que l'alerte avait été donnée aux alentours de 3 heures, ce n'était que six heures plus tard que les entités compétentes de l'État étaient intervenues. Laissant tous les occupants du navire livrés à leur sort.

Si "le miracle" s'était effectivement produit pour plusieurs voyageurs, d'autres avaient malheureusement perdu la vie. Et depuis lors, le ferry n'a jamais été sorti des eaux. Il reste à savoir si cette question est encore d'actualité au niveau de l'administration maritime.

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