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Société & Culture

VIH pédiatrique : seulement 700 enfants identifiés sur 2 400 attendus au Gabon

Les agents de santé communautaire en formation sur la PTME

Le VIH pédiatrique demeure un problème de santé publique. Au Gabon, environ 700 des 2 400 enfants vivant potentiellement avec le VIH sont aujourd'hui identifiés et suivis par le système de santé. Un gap préoccupant qui pousse les autorités sanitaires à renforcer les capacités des agents de santé communautaire commis à leur identification.

Acteurs de proximité, ils sont appelés à jouer un rôle essentiel dans la diffusion de l'information et l'orientation des populations vers les structures de santé.

D'où une session de renforcement des capacités de ces agents sur la prévention de la transmission du VIH de la mère à l'enfant (PTME), qui s'est tenue au Programme national de lutte contre les infections sexuellement transmissibles et le VIH/Sida (PNLIST) du 1er au 6 juin écoulé. Organisée par le ministère de la Santé en partenariat avec l'Unicef, cette formation a porté sur le dépistage du VIH, la prévention de la transmission mère-enfant, le traitement antirétroviral, la lutte contre la stigmatisation ou encore l'accompagnement psychosocial des personnes vivant avec le virus.

"Nous avons fait plusieurs formations des prestataires de santé dans les structures sanitaires. Mais il y a un pan qui est souvent négligé, celui du lien entre la communauté et les structures", explique Doriane Gnigone, formatrice.

Selon la directrice du PNLIST, le Dr Raïssa Okouyi, les médecins, sages-femmes et autres personnels de santé maîtrisent déjà les protocoles de prévention et de prise en charge. La difficulté apparaît souvent lorsque les patients retournent dans leurs quartiers. "C'est cette personne qui va faire le relais entre la structure sanitaire et la communauté. C'est cette personne qui va traquer les femmes enceintes dans les quartiers et les emmener dans les structures sanitaires", précise-telle à propos des agents de santé communautaire.

Et, les chiffres illustrent l'ampleur du défi. "Nous avons environ 2 400 enfants séropositifs attendus. Malheureusement, nous n'arrivons pas à les retrouver tous", regrette la responsable. À ce jour, environ 700 enfants sont identifiés et pris en charge, soit à peine le quart de ceux attendus.

Face à cette situation préoccupante, les autorités appellent au dépistage systématique des enfants de moins de 15 ans dont les parents vivent avec le VIH ou sont décédés de la maladie.

"Les tests sont gratuits", rappelle le Dr Okouyi, convaincu de ce que la mobilisation des communautés constitue la réponse appropriée pour réduire durablement les nouvelles infections pédiatriques et tendre vers l'élimination du VIH pédiatrique dans notre pays.

D'autant plus que le sida pédiatrique est particulièrement dangereux car le système immunitaire immature du nourrisson permet au virus de se multiplier très rapidement. Aussi, sans suivi ou traitement antirétroviral immédiat, environ un tiers des bébés infectés décèdent avant l'âge d'un an, et plus de la moitié avant deux ans. D'où l'urgence.

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