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Économie

Cémac : croissance et finances publiques sous pression

Siège de la banque mondiale

Le groupe de la Banque mondiale a récemment publié son Baromètre économique d’août 2026 consacré à la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cémac). Le document indique que la croissance régionale a ralenti à 2,6 % en 2025, contre 3,2 % en 2024, révélant les difficultés d’économies encore fortement dépendantes du pétrole et des dépenses publiques. Cette progression reste insuffisante pour créer des emplois et améliorer durablement les conditions de vie.

À ce propos, les résultats sont contrastés. Le Tchad, par exemple, a progressé de 5,6 %, porté par le pétrole, et la République centrafricaine (RCA) de 4,5 %, grâce notamment à l’or. Le Congo a enregistré 3,1 % et le Gabon 3,2 %. À l’inverse, la Guinée équatoriale a subi une contraction de 5,8 %, sous l’effet du recul de la production pétrolière. Au total, le revenu par habitant régional a diminué de 0,1 %, alors qu’il a augmenté de 3,4 % dans l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).

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Dans le même temps, les finances publiques se sont également dégradées. Le déficit budgétaire moyen est passé de 1,6 % du PIB en 2024 à 3,3 % en 2025, tandis que la dette publique a atteint 53,6 % du PIB. Au Gabon, le déficit est estimé à 12,2 % du PIB ; au Congo, la dette avoisine 97,4 %. Les recettes restent trop faibles : elles ne représentaient que 11,7 % du PIB régional en 2024, loin du seuil communautaire de 17 %. Cette faiblesse réduit la capacité des États à financer les services publics sans emprunter davantage.

Dans ce tout, la fragilité extérieure s’accentue aussi. Les hydrocarbures pèsent près de 70 % des exportations, mais les ventes de pétrole ont reculé de 2,3 % et celles de gaz de 10,5 % en 2025. L’excédent commercial est tombé de 6,7 % à 3,5 % du PIB et les réserves de change couvrent désormais 4,2 mois d’importations, contre 4,8 en 2024. L’inflation, elle, a reflué à 2,1 %, sous le seuil régional de 3 %.

Face à cet état de fragilité de la zone, la Banque des États de l'Afrique centrale (BEAC) a abaissé son taux directeur à 4,5 % en juin 2026.

Toutefois, la hausse du pétrole liée au conflit au Moyen-Orient peut soulager temporairement les budgets, mais elle ne règle ni le déclin des champs ni la dépendance aux matières premières. Avec 36,2 % de la population en situation d’extrême pauvreté, selon le rapport, et un chômage proche de 10 %, l’urgence est ailleurs, à savoir : élargir l’assiette fiscale, mieux maîtriser les dépenses et investir dans l’énergie, les transports, la formation et les activités créatrices d’emplois. Sans diversification réelle, la croissance restera trop faible pour répondre aux besoins sociaux.

Par ailleurs, la transmission monétaire reste limitée en ce sens que les banques réagissent davantage aux volumes de liquidités qu’au taux directeur, tandis que les besoins de financement des États peuvent réduire les crédits aux entreprises.

Face à toute cette fragilité, la Banque mondiale prévoit une croissance de 3,2 % entre 2026 et 2028, mais les retards de réformes menacent cette perspective. Avec 25 millions de personnes en extrême pauvreté, l’accélération du programme des réformes économiques et financières de la Cémac (PREF-Cémac II) et la diversification restent prioritaires.

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