Depuis plusieurs jours, les réactions se multiplient sur les réseaux sociaux, dans les administrations et au sein des organisations syndicales. Les critiques dénoncent une réforme jugée '' punitive '', certains redoutant '' l'arbitraire '', d'autres estimant que l'État cherche à '' faire des économies sur le dos des fonctionnaires ''. Une contestation que la ministre a tenté de désamorcer en consacrant près d'une heure et demie à expliquer la philosophie du texte.
'' Nous ne supprimons pas les avancements. Les agents vont continuer d'avancer, mais ils avanceront conformément à l'évaluation de leur travail '', a-t-elle insisté, rejetant ce qu'elle qualifie de " désinformation " autour du projet. Selon elle, le système actuel entretient une profonde injustice en plaçant sur un pied d'égalité les agents investis et ceux qui multiplient les absences ou affichent un faible rendement. " On ne peut pas continuer d'avoir une administration où celui qui travaille tous les jours avance au même rythme que celui qui ne travaille pas", a-t-elle affirmé. Pour le gouvernement, l'évaluation ne doit cependant pas être assimilée à une sanction. Laurence Ndong défend une logique d'accompagnement. L'agent sera d'abord invité à s'auto-évaluer, puis sera évalué par sa hiérarchie, mais également par les usagers du service public. Fait inédit, les responsables administratifs seront eux aussi notés par leurs collaborateurs. Les résultats devront ensuite être examinés par des commissions ministérielles où siégeront également des représentants syndicaux.
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La ministre a également voulu répondre à l'une des principales objections formulées contre la réforme : peut-on exiger davantage de performance dans des administrations où les moyens matériels font souvent défaut ? Sur ce point, elle reconnaît que " la performance a un coût " et que l'État devra assumer sa part de responsabilité. Fourniture d'équipements, amélioration des conditions de travail, renforcement des capacités, financement des formations et prise en charge des incidences budgétaires des promotions figurent parmi les engagements annoncés.
Pour convaincre, Laurence Ndong s'est enfin appuyée sur une étude comparative portant sur vingt-et-un pays, soutenant que le recrutement par concours et l'avancement au mérite constituent désormais des standards dans de nombreuses administrations. Reste que, malgré ces explications, le débat est loin d'être clos. Entre volonté affichée de réhabiliter la valeur travail et craintes d'une évaluation subjective, la réforme s'annonce comme l'un des dossiers sociaux les plus sensibles de la rentrée administrative.
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