Lors du conseil d'administration de la Société d'énergie et d'eau du Gabon (SEEG), tenu hier au siège de ladite entité, le ministre de l'Accès universel à l'eau et à l'énergie, Philippe Tonangoye, a annoncé les modalités de la scission de cette entreprise.
Ainsi, dès le 1er janvier 2027, la Gabonaise des Eaux (GDE) et Électricité du Gabon (EDG) reprendront respectivement la gestion de la distribution d’eau potable et de l’électricité qui incombait, jusque-là, à la Société d’énergie et d’eau du Gabon créée en 1950. Pour rappel, cette réforme répond au voeu exprimé par le peuple lors du Dialogue national et constitue le premier axe du projet de société du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, pour réorganiser durablement les secteurs de l'eau de l'électricité. Cette annonce intervient alors que le gouvernement a dressé, au moyen d'un audit, un état financier jugé alarmant. Les chiffres de la période 2019-2024 sont préoccupants.
Le chiffre d'affaires est resté quasiment stable à 212,6 milliards de FCFA entre 2020 et 2023, avant une timide remontée en 2024 de 2 %. Les charges financières ont été multipliées par quatorze pour atteindre un pic de 8,56 milliards. La société affiche une perte nette de 45,6 milliards de FCFA et un besoin en fonds de roulement fortement dégradé, illustrant une situation de quasi-asphyxie financière.
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À cela s'ajoutent d'autres indicateurs : comptes certifiés avec réserves, pertes accumulées, endettement croissant, trésorerie sous tension et rentabilité en chute. Des éléments qui montrent une entreprise au bord du précipice. Cependant, ''le passif de la SEEG ne sera pas transféré aux futures entités'', a indiqué Philippe Tonangoye. C'est pourquoi, une structure spécifique sera chargée de gérer cette dette afin que la Gabonaise des Eaux et Électricité du Gabon démarrent leurs activités, le 1er janvier 2027, sur des bases financières assainies et avec une capacité d'investissement restaurée.
La réforme prévoit un Comité paritaire de pilotage réunissant la SEEG, les partenaires sociaux et le ministère chargé du Travail. Plusieurs verrous juridiques seront activés (lire ci-dessous) et des mesures visant à protéger les salariés seront mises en place. Le gouvernement demande enfin aux administrateurs d'approuver la scission et invite les actionnaires à porter la participation de l'État de 56 à 67 % afin d'obtenir la majorité exigée par l'OHADA.
La SEEG poursuivra ses activités jusqu'au 31 décembre 2026, avant la naissance et l'entrée en vigueur de la GDE et EDG.
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