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Mort d'Alicia Matamba : le débat sur la solidarité mécanique des hommes en uniforme

'Alicia Matamba, Victime de meurtre

Une élève de 20 ans retrouvée morte chez un officier de police ! Le drame d'Alicia Matamba secoue Tchibanga et les réseaux sociaux depuis la semaine dernière. Sur la toile, les internautes ne cessent d’exprimer leur colère, mettant en exergue la question des zones d’ombre couvrant les affaires qui impliquent des agents des forces de l’ordre.

Les faits qui circulent. Alicia Matamba, élève au lycée privé "La Réussite", a été découverte sans vie au domicile d’un commandant de police, ex-chef d'antenne de l’Office central antidrogue (OCAD) dans la Nyanga, au quartier Moukenga, dans le 2e arrondissement de Tchibanga.

Deux récits s’affrontent. Les parents évoquent des violences et réclament "une enquête transparente pour connaître les causes exactes du décès". Pour eux, les circonstances de son entrée dans ce logement et de sa mort doivent être entièrement reconstituées.

Pour sa part, l’officier aurait mis en avant la thèse de "convulsions survenues dans sa salle de bain". Jeudi, le parquet de Tchibanga a annoncé le placement en détention du suspect, le commandant de police Cédric Sosthène Essone. Mais au-delà de la douleur, ce drame semble mettre à nu trois failles graves. D’abord le rapport de pouvoir : une élève, mineure de fait dans la tête de tous, retrouvée chez un commandant des FPN. Comment une jeune fille de 20 ans se retrouve-telle seule au domicile d’un haut gradé ?

Ensuite, la transparence de l’enquête : la famille réclame une enquête indépendante. À ses yeux, il est souvent arrivé, quand un agent des forces de l’ordre est impliqué dans une affaire, que les enquêtes traînent, les preuves disparaissent et les dossiers sont enterrés. L'arrestation du suspect est certainement un début de soulagement pour les proches.

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À lire aussi : Tchibanga : le commandant Essone désormais en détention préventive

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Enfin, la vulnérabilité des jeunes filles : élève, 20 ans, à Tchibanga. La précarité, le manque d’encadrement et les rapports de domination font de ces jeunes des cibles faciles. La société gabonaise ne peut plus faire semblant : "protéger les enfants contre la maltraitance, c’est avant tout défendre leur droit fondamental à la dignité, à l’éducation et à la vie".

Si la justice gabonaise veut regagner la confiance des citoyens, elle devra prouver, lors du procès, qu’un grade ne vaut pas plus qu’une vie.

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