Il y aurait au menu des griefs : corruption passive, trafic d’influence passif, enrichissement illicite, blanchiment, manquement à l’intégrité, à la probité, à la dignité, à l’impartialité et à la loyauté envers l’institution judiciaire.
Une liste lourde. Trop lourde pour ne pas poser une question de fond : à quoi ressemble vraiment l’appareil judiciaire gabonais ? Quand les gardiens de la loi sont accusés de la violer. Le plus grave n’est pas la radiation en elle-même. Mais le profil des accusations. On ne parle pas d’une erreur de procédure. On parle de corruption, de trafic d’influence, de blanchiment. Des faits reprochés à un homme censé dire le droit.
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Si un magistrat "hors hiérarchie" peut être suspecté de tels actes, que dire de la confiance du justiciable lambda ? Comment croire en une justice impartiale quand ceux qui la rendent sont eux-mêmes soupçonnés de la vendre ?
Un système à bout de souffle ? L’affaire Minang ne tombe pas du ciel. Elle s’ajoute à une longue liste de griefs : lenteur des procédures, détention préventive abusive, manque de moyens, pressions.
Et maintenant ? Radié ou non, Eddy Minang aura droit à un recours. C’est la loi. Mais au-delà de son cas, le Gabon a besoin d’autre chose. Une évaluation indépendante de la magistrature. La publication des sanctions disciplinaires avec motifs clairs. La protection réelle des magistrats qui refusent la pression. Sinon, on continuera de faire la chasse aux "pommes pourries" une par une, pendant que l’arbre pourrit. Car une justice malade ne soigne pas une société. Elle la contamine.
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