Le rejet par les députés, le 8 mai dernier à l'Assemblée nationale, du projet de loi fixant certaines règles relatives à l'activité de crédit dans les secteurs bancaire et de la microfinance sonne comme un avertissement politique pour le gouvernement et constitue un véritable camouflet pour le ministre de l'Économie, Thierry Minko.
Les élus du peuple ont, en effet, pointé du doigt un certain nombre d'insuffisances qui faisaient obstacle à l'adoption de ce texte, pourtant censé renforcer le cadre juridique des établissements de crédit et des structures de microfinance, tout en améliorant l'inclusion financière, la sécurisation des opérations bancaires et la protection des usagers.
Ce faisant, le message envoyé par les représentants du peuple est on ne peut plus clair : ils n'entendent pas soutenir à n'importe quel prix les membres du gouvernement qui se complairaient à élaborer leurs textes avec une certaine légèreté. Un mal longtemps dénoncé par les députés qui, à ce qu'il semble, n'est pas sur le point de disparaître.
Face à cette situation, le gouvernement a, semble-t-il, choisi de minimiser l'incident en s'enfermant dans un mutisme. Pour preuve, ni Thierry Minko ni son collègue de la Réforme et des Relations avec les Institutions, François Ndong Obiang, n'ont cru bon après coup d'édifier l'opinion publique sur la portée du vote des députés, laissant la porte ouverte à toute forme de spéculation. D'autant que dans une certaine mesure, ce rejet pourrait être perçu comme une absence de dialogue entre le gouvernement et la majorité qui le soutient. Car après tout, il revient à François Ndong Obiang de tâter le pouls des parlementaires avant de soumettre à leur approbation des textes. Ces derniers, résolument déterminés à ne plus être des membres d'une caisse d'enregistrement, entendent pleinement remplir leur mission de contrôle de l'action gouvernementale. Voilà qui promet des débats vifs, animés et rigoureux entre l'Exécutif et les députés. C'est, du moins, ce que l'on espère.
random pub
