Le rejet massif du budget primitif par le Conseil municipal de Libreville sonne comme un désaveu politique d’une rare intensité. Avec 142 voix contre, ce vote dépasse largement le simple cadre technique pour s’imposer comme un signal fort : celui d’une crise de confiance au sein même de la majorité.
Que des formations proches du pouvoir, telles que le Parti démocratique gabonais (PDG), le Rassemblement pour la patrie et la modernité (RPM), l’Union nationale (UN) et surtout l’Union démocratique des bâtisseurs (UDB), se désolidarisent d’un budget porté par leur propre camp interroge profondément. Le maire, Pierre Matthieu Obame Etoughe, issu de cette majorité, se retrouve ainsi fragilisé dès l’entame de la mandature. Une entame qui, au lieu de poser les bases d’une gouvernance apaisée et cohérente, semble révéler au grand jour des fractures politiques et des divergences stratégiques au sein de son camp.
Ce rejet unanime ou presque pourrait traduire un malaise plus profond : arbitrages contestés, manque de concertation ou désaccords sur les priorités budgétaires. Dans tous les cas, il met en lumière un fonctionnement interne qui peine à produire du consensus, pourtant indispensable à la gestion d’une capitale comme Libreville.
Un délai de 15 jours est accordé pour présenter un budget corrigé et pourrait être un test décisif. Soit l’exécutif municipal parvient à reconstruire une majorité autour d’un projet revu et partagé, soit il s’expose à une reprise en main par la tutelle, avec la reconduction du budget 2025. Une perspective qui affaiblirait encore davantage l’autonomie politique dudit conseil. Au-delà de l’épisode, c’est la crédibilité même de la nouvelle mandature qui est en jeu.
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