Aller au contenu principal
Politique

Jean-Pierre Oyiba : ''L’action du chef de l’Etat reste guidée par sa volonté d’être au service du peuple gabonais qui l’a plébiscité''

Jean-Pierre Oyiba, Haut représentant personnel du chef de l’Etat

L'Union. Monsieur le Haut représentant personnel du chef de l’Etat, vous êtes une personnalité influente de l’Union démocratique des bâtisseurs (UDB). Vous avez été Coordonnateur général de la campagne du président Brice Clotaire Oligui Nguema, qui a été brillamment élu sur la base d’un projet de société. Pensez-vous, près de dix mois après le début de son mandat, que son action est toujours guidée par ce projet à six piliers ?

-Jean-Pierre Oyiba : Je tiens à vous remercier pour ce moment d’échanges sur la situation politique, économique et sociale de notre pays. Dix mois après le début du mandat de SE Brice Clotaire Oligui Nguema, président de la République, chef de l’Etat, chef du gouvernement, nous avons la profonde conviction de croire que l’action du chef de l’Etat reste guidée par sa volonté d’être au service du peuple gabonais qui l’a plébiscité au soir du 12 avril 2025. C’est peut-être le moment de rappeler le contexte dans lequel le président Brice Clotaire Oligui Nguema a pris le pouvoir. En effet, le Gabon vivait à cette époque une situation de malaise généralisé en raison des frustrations mettant à mal la cohésion sociale et notre vivre ensemble. Son arrivée à la tête du pays a été saluée par tout un peuple voulant écrire une nouvelle page de son histoire. La période de Transition a été mise à profit pour engager des réformes structurelles institutionnelles majeures avec la nouvelle Constitution adoptée par référendum et l’organisation des élections générales libres et transparentes.

A l’approche de l’élection présidentielle, les appels à la candidature du président Brice Clotaire Oligui Nguema ont germé de tous les coins du pays pour lui demander d’être candidat.

-A la lumière des informations disponibles, du vécu des populations gabonaises et de son expérience tirée de ses multiples déplacements à travers le Gabon profond, il a proposé aux Gabonais une offre politique : son projet de société fondé sur six piliers : l’électricité, l’eau et les réformes du secteur ; l’entrepreneuriat et l’employabilité des jeunes ; les logements, infrastructures de transport et numériques ; capital humain et la justice sociale ; l’économie et le développement durable ; la gouvernance et les institutions. Ce projet demeure le bréviaire de toute sa démarche à la tête de l’Etat.

Qu’est-ce qui vous le fait dire ?

-En dix (10) mois, beaucoup de réalisations nécessaires et indispensables ont été faites. Les réformes structurelles ont été engagées, et les infrastructures en tout genre ont été construites et sont visibles. Les réalisations débutées en période de Transition se poursuivent et iront à leur terme d’ici la fin du mandat. N’oublions pas que les investissements structurants sont censés s’inscrire dans la durée. Toutefois, face aux demandes pressantes et aux attentes légitimes des populations qui s’expriment, une réponse adéquate doit être apportée.

Pour ce qui est de l’eau et de l’électricité composant le pilier N°1 de ce projet de société, il est vrai que Libreville notamment est foudroyée par des délestages récurrents en électricité, mais cela prouve le retard accumulé depuis des années dans la mise à niveau des équipements en conformité avec l’expansion démographique et le peuplement de notre capitale. Le chef de l’Etat a donc eu raison d’inscrire cette question comme priorité dans son programme d’actions. Les équipes sont à pied d’oeuvre pour une sortie progressive de cette situation inconfortable.

Pour rappel, le président de la République a fait augmenter la capacité des installations techniques pour répondre à la demande de plus en plus croissante et ce, dès son arrivée au pouvoir. Malgré cela, les dysfonctionnements de la SEEG et de ses partenaires font perdurer les délestages, plongeant les Gabonais dans une détresse permanente. Récemment, le président de la République a mis chacun devant ses responsabilités afin que cette affaire soit définitivement réglée.

Pour ce qui est de l’eau, on remarque le piétinement du projet PIEAPAL pour lequel le Gabon procède aux remboursements des emprunts sans visibilité palpable. Dernièrement, le chef de l’Etat a inauguré et lancé l’ouverture du château d’eau du PK5. Malheureusement, on constate l’inexistence de l’eau au robinet.

Ne craignez-vous pas que par la force des choses, la recherche des solutions aux problèmes posés dans l’urgence ne le détourne du cap fixé dans son projet de société ?

-Le projet de société du président a été élaboré sur la base d’une expérience et du vécu des populations gabonaises. Le spectre de ce programme est vaste et montre bien qu’il touche tous les pans essentiels de la vie et des attentes légitimes des populations gabonaises. De ce fait, il n’y aura pas un effet d’égarement et d’évitement par rapport à l’objectif fixé.

Face à ces problèmes justement, certains estiment que le gouvernement ne fait pas assez dans la recherche des solutions. D’autres, par contre, pensent qu’au regard des réalités budgétaires du moment, le pays étant confronté à une crise financière aiguë, les efforts du gouvernement sont louables. Quelle est votre lecture de la situation ?

-Notre pays a connu en ce début d’année 2026, une crise dans le secteur de l’Éducation. Le Cabinet politique du président fondateur de l’UDB, par ailleurs président de la République, chef de l’Etat, chef du gouvernement, a animé un point de presse à cette occasion pour expliquer l’implication notable et salutaire du président de la République dans le retour à l’accalmie sociale. Le rôle du gouvernement a été salué pour le sens de l’écoute et le pragmatisme avec lequel les négociations ont été menées. L’esprit de solidarité et la prise de conscience collective des enseignants ont été reconnus et applaudis. Il a toutefois été demandé au gouvernement de respecter les engagements pris au cours de ces négociations pour un retour durable de la paix sociale et l’installation d’un climat de confiance, gage d’une collaboration future apaisée, nécessaire au développement harmonieux de notre pays. D’une manière générale, le gouvernement a programmé la résolution progressive de la situation des agents publics. Il s’est engagé sur un agenda en relation avec la soutenabilité de ces charges par rapport à la capacité de nos finances publiques. Les efforts du gouvernement sont donc louables face à une situation structurelle et systémique. L’accumulation du retard dans le traitement des situations administratives dans la Fonction publique ne pourra être rompue que par l’adoption d’une démarche méthodique et étalée dans le temps. C’est pourquoi nous avons salué le retour à l’accalmie sociale par le compromis trouvé par toutes les parties.

Mais malgré tous ces efforts, les assurances du ministre du Budget et la détermination du chef de l'Etat, certains expriment toujours ici et là leur scepticisme. Comment analysez-vous ce pessimisme ?

-L’instrument d’intervention de l’Etat pour la gouvernance de la cité et du pays est la loi des finances. Si le ministre en charge du Budget confirme que le gouvernement a inscrit dans la loi des finances de l’année l’impact financier des engagements pris, il n’y a pas lieu de s’alarmer. Par contre, pour le respect des accords, dans le cadre du suivi-évaluation instauré par le gouvernement, nous devons veiller à ce que les services administratifs impliqués remplissent correctement leur mission dans le temps et conformément à l’agenda communément arrêté.

Le président Oligui Nguema a besoin d’un climat de confiance affirmé entre le pouvoir exécutif qu’il incarne et les partenaires sociaux pour que ce qu’il a promis aux Gabonais dans le cadre de son projet de société soit effectif à la fin de son mandat.

D’aucuns disent que ce pessimisme est la conséquence de l’exploitation à des fins politiciennes des revendications sociales par vos adversaires politiques. C’est sans doute ce qui a inspiré, fait rare, la sortie, il y a quelques semaines, du Cabinet politique du président de l’UDB, que vous dirigez par ailleurs. Quel était le véritable message à cette occasion ?

-Cette conférence de presse avait trois objectifs précis : rappeler le processus des négociations et l’implication totale du président de la République dans le dégel de ce front social dont l’enlisement aurait produit des conséquences dommageables pour notre système éducatif et donc pour le pays ; mettre en exergue l’esprit patriotique des enseignants dont la prise de conscience collective devait être saluée ; le sacrifice et la patience observés depuis longtemps pour des revendications légitimes et juridiquement fondées sont des preuves de responsabilité ; rappeler au gouvernement que les engagements pris devaient être respectés pour le retour à une accalmie durable, élément essentiel pour la gestion du mandat du président de la République. De tout ce qui précède, il faut affirmer que la meilleure manière de lutter aussi bien contre le pessimisme ambiant qui prévalait que l’exploitation politicienne qui est faite par les acteurs politiques est de veiller à la stricte application des engagements consignés dans les protocoles d’accords.

L’importance du sujet évoqué devrait appeler de la part des acteurs politiques, la promotion d’un débat constructif, car le secteur de l’Éducation concerne l’avenir de notre jeunesse et donc de la survie du pays.

L’un des projets phares du chef de l'Etat, sur le plan économique, est l’industrialisation et la transformation locale de nos matières premières. Et dans ce cadre le manganèse se trouve en première ligne. Sans oublier le projet relatif à l’exploitation du fer de Belinga. Avez-vous l’impression que l’évolution de ces projets est de nature à rassurer les Gabonais quant à leur aboutissement dans les délais raisonnables ?

-La transformation locale de nos matières premières par l’industrialisation fait partie intégrante du programme d’actions du président de la République répertorié dans le cadre de son projet de société. Le pilier 5, ‘’Economie et Développement durable’’ revient abondamment sur la nécessité de diversifier l’économie nationale en renforçant les secteurs stratégiques comme l’agriculture, le bois, le tourisme et les mines. L’objectif dans cette vision est de booster le secteur hors pétrole d’ici 2032 en réduisant ainsi notre dépendance financière aux hydrocarbures.

A propos du secteur minier, il y a effectivement ces deux projets phares à savoir : la transformation du manganèse et l’exploitation du fer de Belinga. Ce sont des projets d’envergure où l’État gabonais évolue en partenariat avec les grandes multinationales. Le suivi de l’évolution de ces projets se fait par les canaux légaux autorisés et mis en place tels que : les contrats de concession, les prises de participations et les partenariats publics-privés. Ce sont des projets structurants qui s’implémentent dans la durée avec les contraintes multiples, environnementales, financières, techniques et sociales. De ce fait, l’État s’appuie sur des expertises avérées pour les faire aboutir dans les délais raisonnables. L’aboutissement de ces chantiers fait partie intégrante de sa vision de développement du Gabon. Il a le souci constant de créer une plus-value effective issue de la transformation des matières premières afin d’améliorer les conditions de vie des populations.

Nombreux estiment que le gouvernement tâtonne sur ces projets. Ces derniers soupçonnent même des mains noires au niveau de certains partenaires extérieurs…

-A titre de rappel, je tiens à préciser que le Gabon évolue dans un système économique libéral où l’État dispose des missions régaliennes telles que le défense, la santé, l’éducation, la protection sociale et la diplomatie. Il intervient dans l’économie soit comme opérateur en étant majoritaire dans certaines entreprises où il désigne les dirigeants, soit comme actionnaire en prenant des prises de participations minoritaires dans certaines sociétés où il siège par le biais de ses représentants au conseil d’administration.

Dans les projets que vous citez, l’État a signé une convention de concession avec FORTESCUE pour l’exploitation du fer de Belinga, et donc n’est pas opérateur direct. Pour le manganèse, l’Etat s’appuie sur ERAMET, la maison mère de la Comilog pour implémenter ce projet.

A ce stade, dire que le gouvernement tâtonne me paraît excessif puisqu’il n’est pas l’opérateur direct sur ces projets en raison du phasage arrêté. L’État utilise les canaux autorisés par la loi et les conventions pour accélérer l’aboutissement de ces projets dans l’intérêt de nos finances publiques et de notre pays.

Le chef de l’État a décidé que le Gabon doit devenir souverain dans la gestion de son secteur pétrolier. D’où le rachat d’Assala. Cette initiative lui vaut encore des critiques de certains acteurs politiques, estimant que par rapport à l’objectif visé, notre pays a été floué. Autour du président de la République, il n’y a presque pas de sons audibles qui soutiennent le contraire. Ceux qui critiquent auraient-ils raison ?

-L’objectif visé par le rachat de la société Assala était d’affirmer notre souveraineté dans la gestion de notre secteur pétrolier et d’augmenter par la même occasion les revenus pétroliers de notre pays. Les critiques fusent aujourd’hui sur le coût élevé d’acquisition de ces actifs considérés comme vieillissants et le financement de cette acquisition par un emprunt qui a augmenté l’endettement global du pays. Le signal donné par le président de la République est que nous ne devons plus être spectateurs du pétrole issu de notre sol et sous-sol. Au lieu d’avoir une dette dont le produit est difficilement identifiable en termes de réalisations, Assala est bien un actif visible et palpable et qui dispose des perspectives de développement. Sachant que nous ne disposons pas d’une expertise avérée dans le domaine pétrolier, l’État, pour maximiser les bienfaits de l’acquisition d’Assala, peut s’appuyer sur un partenaire technique afin de fructifier cet investissement. Nous avons dans ce pays, les spécialistes en privatisation et en montage juridico-financier de ce genre de projets.

Partagez-vous l’avis de ceux qui estiment que les actions du chef de l’État ne sont pas suffisamment expliquées et promues dans l’opinion, ou alors pas efficacement ?

-La communication présidentielle et gouvernementale est essentielle dans un système ouvert comme le nôtre. Le champ politique est caractérisé par la pluralité des discours. Il y a ceux qui sont favorables au pouvoir en place et ceux qui dans leur position critiquent sa prestation. C’est cela le choc des idées dans un système démocratique. La communication dans ce domaine doit par conséquent répercuter au sein de l’opinion nationale et internationale les actes posés par les gouvernants dans le cadre de la réalisation de leur programme politique. Présentement, nous avons ces organes dans notre architecture organisationnelle. Il appartient aux uns et aux autres de faire le constat et définir les nouveaux modes opératoires.

A qui, selon vous, incombe cette tâche ?

-Le président Oligui Nguema a été élu avec un score plus que confortable. Il dispose donc d’une majorité populaire, gouvernementale, parlementaire et partisane avec l’UDB et les partis alliés. Avec tous ces canaux, il faut que chacun prenne le taureau par les cornes pour relayer autant que faire se peut les actes et les actions posés par le président pour l’amélioration des conditions existentielles des Gabonais.

Lors du dernier Conseil des ministres, le chef de l’État a instruit le gouvernement d’accélérer les négociations avec le Fonds monétaire international (FMI), preuve que ce partenariat lui tient à coeur. En même temps de nombreux Gabonais redoutent l’éventualité d’un Programme d’ajustement structurel susceptible de contraintes en défaveur de leur pouvoir d’achat. Quel est votre regard ?

-Tout commence avec la Conférence des chefs d’État de la Cémac le 22 janvier dernier à Brazzaville. Le communiqué final de la Conférence demandait aux Etats-parties de renouer avec le FMI comme point focal central dans les réformes structurelles de leurs économies. Le mode opératoire imposé était : l’arrimage des lois de finances des pays aux engagements pris vis-à-vis du FMI, notamment la gestion de leur endettement ; l’accélération de la mise en place des comptes uniques des Trésors (CUT) et la digitalisation des finances publiques dans le but de rendre transparente la mobilisation des ressources par les régies financières afin de réduire les déficits budgétaires ; le suivi de l’exécution budgétaire par la mise en place d’un système de reporting mensuel via l’élaboration et la publication des Tableaux d’opérations financières des États (TOFE).

Les résolutions du Conseil des ministres sont donc conformes aux décisions prises au niveau de la Conférence des chefs d’État de la Cémac. La situation est certes complexe, mais elle ne doit pas occulter l’idée que dans un environnement difficile et incertain, la visibilité ne peut être retrouvée que par la prise des décisions courageuses et nécessaires. Si un effort à consentir est demandé, il doit être équitable pour tous, afin que les populations comprennent la portée des mesures. Un plan de communication des mesures et leur impact sur la vie de toute la Nation devrait être élaboré afin que chacun se sente concerné par la nécessité de redresser la barre.

Il vous revient de conclure cet entretien…

-Le Gabon est un pays qui ne cherche qu’à être construit. Le président Brice Clotaire Oligui Nguema a été élu à sa tête il y a dix mois avec un projet de société clair et pertinent. Nous devons prendre l’engagement de l’accompagner dans ce défi en ayant à l’esprit son crédo politique : inclusivité -développement- félicité. Aujourd’hui, nous préparons les négociations avec le FMI avec pour objectif de trouver un cadre d’actions nous permettant d’ajuster notre train de vie en conformité avec notre capacité financière ; préserver l’essentiel des filets sociaux pour permettre à la population gabonaise de supporter l’effort financier nécessaire. Pour cela, les services du ministère du Budget et du Trésor devront arrêter des comptes clairs de la Nation afin qu’on bâtisse une loi de finances rectificative crédible et exécutable en recettes et en dépenses. Ce n’est qu’à ce prix que nous renouerons avec une forte croissance économique acquise sur des bases saines.

random pub

EDIG
Publicom, 1ère régie publicitaire au Gabon
Sodipresse - Votre distributeur de presse
image
Logo