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Chroniques

[Editorial] - SEEG : un mal profond !

Lin-Joël Ndembet - Directeur de la Rédaction et Publication du Quotidien L'Union

Depuis des mois, le quotidien des populations du Grand Libreville est rythmé de coupures intempestives, délestages sauvages, nuits plongées dans le noir, etc qui suscitent colère, désarroi et aussi une inquiétude grandissante quant à la capacité de l’État, pourtant omniprésent sur ce front, à inverser la tendance.

On avait pourtant cru que l’orage allait être de courte durée, après la crise énergétique profonde qui avait forcé les autorités de la Transition à sortir l’artillerie lourde. On avait pensé que tout avait été fait pour garantir aux populations de l’énergie, y compris sauver «Dame SEEG». Cela en procédant aux changements des équipes managériales, à la mise en place de nouveaux organes de contrôle, commettant des audits des modes de gestion et injectant des fonds... L’Exécutif, héritant d’une situation choatique, ayant pris à bras le corp ce dossier explosif, avait même joué la carte de la diversification en faisant venir de nouveaux opérateurs Turcs pour épauler les traditionnels partenaires anglais, français, gabonais.

Alors, pourquoi, malgré ce matraquage de mesures présentées comme structurelles, on en est encore à subir ces coupures intempestives avec les conséquences qui en découlent?

Si on peut saluer l’engagement des autorités actuelles à trouver les voies et moyens pour que ces opérateurs maintiennent la fourniture de courant, d’aucuns pensent, à tort ou à raison (c’est selon) qu’on soulage la souffrance des gens avec un remède finalement paliatif. Alors que le mal, lui, est plus grave, plus profond et ronge sérieusement le secteur.

Par conséquent, toutes les options soumises aux autorités par les nombreux experts, les grandes idées de réformes structurelles envisagées et autres portes de sortie préconisées par tous ces opérateurs étrangers pour produire de l’énergie, ne suffiront pas ou ne pourront venir à bout de la gangrène.

La solution bien connue de tous, pourtant ressassée depuis plusieurs décennies, est ailleurs. Elle est sous terre, dans les câbles, dans le renouvellement des centrales vétustes et des infrastructures inopérantes. Elle est dans l’optimisation des ressources humaines à bout de souffle. Elle est dans une gestion plus efficiente, en combattant les pratiques douteuses, les fraudes, en assurant un meilleur recouvrement. Elle est dans la mise en place d’une nouvelle urbanisation de la ville, pour lutter contre les installations anarchiques. Elle est, enfin, dans la responsabilité de l’Etat à assumer pleinement ses missions et devoirs.

Déjà bien avant et après le départ de Veolia, qui s’est contentée avec la complicité d’acteurs locaux de «tuer» la poule aux oeufs d’or, le renouvellement des infrastructures de transport de l’énergie, était la condition sine qua non, le grand chantier pour guérir le secteur électricité et eau du pays. Sur ce point, l’investissement majeur et tangible qui doit être consenti pour répondre à cette exigence fondamentale, n’avait pas été du niveau escompté. Même si l’Etat, confronté à de nombreux autres défis socio-économiques avec une marge financière assez réduite pour des investissements si lourds, y a consenti de gros efforts. Sauf que, jusque-là, Dame SEEG peine toujours à assurer convenablement ses missions, tente d’en atténuer les effets, en «rafistolant» un réseau qui tombe en ruine. On tourne en rond. Et la nouvelle sortie du président Brice Clotaire Oligui Nguema, prouve que rien ne change vraiment, d’ou sa colère.

C’est dire qu’aujourd’hui, si l’urgence commande de soigner durablement le mal, investir massivement dans le renouvellement des infrastructures vieillissantes et changer le mode opératoire de gestion, sont les principaux remèdes, si l’on veut, enfin, que les populations reçoivent l’eau et l’électricité correctement.

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