Michel Ndaot, responsable de l’atelier dramatique Eyeno, était heureux d'avoir partagé avec son public la représentation de ''Mwana Mi''. Mais, passé ce moment d'euphorie, une préoccupation a jailli. Car la difficulté du théâtre ne réside pas uniquement dans l’acte de création. Le défi est de donner vie au spectacle. Parce qu'un spectacle ne vit réellement qu’à travers ses représentations, sa rencontre répétée avec le public. ''Aujourd’hui, la troupe a joué à Libreville. Mais demain ? Comment franchir les frontières ? Que faut-il mettre en place pour se produire à Yaoundé, à Kinshasa, ou ailleurs sur le continent ?''
C’est dans la circulation des oeuvres que se situe, selon lui le noeud du problème. Ce manque de diffusion crée donc un paradoxe. On parle parfois d’une absence de créativité théâtrale gabonaise. Pourtant, la création existe. Ce qui fait défaut, c’est l’écosystème permettant aux oeuvres de voyager, d’être vues, d’exister dans la durée.
Sans politique de diffusion, sans passerelles entre les pays africains, la création reste confinée, fragile, presque invisible.
"Le talent est là, il faut désormais construire le chemin."
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