L’Union . M. le président du conseil d'administration, une polémique enfle autour des résultats financiers de l’entreprise Gab'Oil pour le compte de l’exercice 2025. Des sources font état d’un bénéfice net de 6 milliards de francs CFA. Est-ce bien le cas ? Quelle est aujourd’hui la réalité des chiffres ?
-Martial Rufin Moussavou: Gab'Oil a tenu son Conseil d’administration ordinaire le 18 février 2026. L’un des points de l’ordre du jour portait sur la clôture des comptes de l’exercice 2025. À l’issue de ce Conseil, les chiffres présentés par la Direction générale font état d’une réduction du déficit à hauteur de 6 milliards. En termes clairs, le résultat net provisoire présenté aux administrateurs à fin 2025 est de -3 milliards, contre un résultat net de -9 milliards en fin 2024. Il s’agit donc d’une amélioration enregistrée dans les efforts d’optimisation des charges. À ne pas confondre avec le bénéfice, car l’entreprise est toujours déficitaire. Nous regrettons que certains de vos confrères aient fait une interprétation très erronée de ces données financières, pourtant mises à leur disposition par la Direction générale, à la suite de la communication que nous avons faite pour la restitution des résultats provisoires au sortir de ce Conseil d’administration ordinaire.
De manière concrète, comment se porte financièrement Gab'Oil aujourd’hui ? Y a-t-il eu une amélioration de ses indicateurs financiers au cours de l’année 2025 ?
-Sur la base des indicateurs financiers présentés aux administrateurs, nous pouvons dire que ces données provisoires nous laissent confiants quant à l’amélioration de la santé financière de Gab'Oil. Cependant, nous attendons leur certification à l’issue des travaux du commissaire aux comptes d’ici à fin mai 2026.
Quel bilan pouvez-vous dresser aujourd’hui du plan de développement de l’entreprise. Notamment en termes de construction des stations service à travers le pays ?
-Gab'Oil a mis en service trois stations-service au cours de l’année 2025 (Cocobeach, Marseille 2, Nkoum-Yengui). Pour l’année 2026, et compte tenu du niveau d’avancement des chantiers, au moins sept stations-service vont être mises en exploitation : Okondja déjà en service depuis le 23 février 2026, Makokou , Oyem, Bikele, Moanda, Makongonio et Moabi . Ces mises en exploitation depuis 2025 ont entraîné mécaniquement une augmentation des volumes des ventes. Le bilan est encourageant. La Direction générale a joué sa partition au niveau du segment réseau dans la mise en oeuvre de la feuille de route relative au plan de développement de l’entreprise. C’est un motif de satisfaction.
Vous semblez très optimiste concernant l’avenir de l’entreprise. Quelles sont les perspectives de Gab’Oil pour l’année 2026 et peut-être déjà 2027 ?
-Nous avons des raisons d’être optimistes au regard des résultats, bien que provisoires, et de la cadence de mise en oeuvre du plan de développement du réseau des stations-service. Les produits issus de l’exploitation des stations-service vont contribuer à améliorer davantage le chiffre d’affaires de l’entreprise, ce qui est une belle perspective. Toutefois, nous devons continuer à consentir des efforts importants d’optimisation dans la gestion de toutes les ressources de Gab'Oil afin que d’ici à fin 2027 la société sorte de cette situation déficitaire et qu’elle ait une organisation plus structurée et robuste.
Comment parvenir à dynamiser l'entreprise ?
-Pour y parvenir, nous devons en plus du réseau qui se développe, primo : dynamiser le segment hors réseau en augmentant le nombre de nos clients industriels tels que les pétroliers, les miniers, les forestiers, et ceux du BTP actuellement en forte activité ; secundo : accélérer la digitalisation de nos services pour permettre à l’entreprise de sécuriser la traçabilité des flux, améliorer le service et augmenter les recettes ; tertio : développer les segments gaz et lubrifiants qui sont des produits à fort impact financier direct. Les stocks de ces deux produits méritent d’être augmentés significativement avec une force de vente capable de booster leur taux de rotation. À cela, il faut également renforcer la formation du capital humain et favoriser un dialogue social permanent et constructif ; et optimiser le dispositif de contrôle interne pour le rendre plus robuste afin de contribuer à l’amélioration de la gestion des ressources de l’entreprise. La mise en oeuvre rigoureuse et le maintien de ces efforts de management contribueront à faire de Gab'Oil une entreprise rentable, stable sur le long terme et compétitive dans un secteur aval pétrolier très concurrentiel.
Votre mot de fin…
-Gab'Oil est une entreprise viable avec un potentiel énorme. L’entreprise s’est retrouvée dans une situation financière préoccupante du fait d’un management peu rigoureux, favorisé par l’absence d’une organisation et d’un système de contrôle interne performant. Il est vrai que le segment réseau connaît un développement croissant depuis les trois dernières années, mais force est de reconnaître que cela ne suffit pas à imprimer une stabilité organisationnelle et une amélioration durable des résultats financiers.
random pub
