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Économie

Télécommunications : Airtel et Moov Africa s'unissent pour une révolution numérique commune

Mark Alexandre Doumba, ministre de l’Économie numérique et les directeurs généraux de Moov Africa Gabon Télécom et Airtel Gabon, Zouheir Jorio et Thomas Herbert Gutjahr

D'une simple signature, les directeurs généraux de Moov Africa Gabon Télécom et Airtel Gabon, Zouheir Jorio et Thomas Herbert Gutjahr, ont provoqué, le vendredi 08 mai dernier, un séisme silencieux. A Libreville, les deux géants du secteur des Télécommunications ont officiellement acté bien plus qu’un simple accord technique sous l’égide de Mark Alexandre Doumba, ministre de l’Économie numérique. D'une portée stratégique, l'accord portant sur la mutualisation de leurs infrastructures numériques vient de secouer le paysage des Télécommunications au Gabon. Pendant des décennies, les opérateurs se sont livrés une "guerre des pylônes", une course effrénée à la domination territoriale où chaque mètre carré de couverture était une victoire. Mais cette logique de duplication a atteint ses limites, surtout sous le coup des réalités économiques. A elle seule, l’installation d’un pylône, qui peut représenter un investissement colossal de près de 200 millions de FCFA selon des sources, freine, entre autres, l'innovation et l'accessibilité des données pour le citoyen.

Du coup, investir dans son coin n'était plus viable. Ce qui a poussé l'Etat gabonais, Moov Africa Gabon Télécom et Airtel Gabon à ne plus voir le numérique comme un simple marché concurrentiel, mais comme une infrastructure nationale stratégique. Le partenariat prévoit donc le partage des pylônes Télécom, la mutualisation des réseaux de fibre optique ou encore l'optimisation des équipements techniques et la rationalisation des investissements.

Pour Zouheir Jorio, directeur général de MAGT, cette alliance (inscrite dans la continuité d'un protocole d'accord de septembre 2025) est la clé pour réduire les coûts opérationnels tout en accélérant l’extension du réseau vers les zones rurales ou enclavées. Un constat partagé par son homologue d’Airtel Gabon, Thomas Herbert Gutjahr, qui souligne la nécessité d'une utilisation plus efficace des ressources dans un secteur où les barrières à l'entrée techniques restent extrêmement lourdes.

En étant à la manoeuvre, l’État gabonais n'est plus un simple régulateur et devient l’architecte d’un écosystème national. L’objectif est de faire que chaque franc économisé sur le béton et l’acier des infrastructures soit réinvesti dans la qualité de service, la cybersécurité et le déploiement de la fibre.

Ce partenariat évite aux deux opérateurs des investissements redondants et améliore leur rentabilité. Cette rationalisation des coûts permet d'allouer les économies réalisées à l'objectif de connecter les villages les plus isolés. Tout comme ces autres zones peu ou pas couvertes par le réseau national (ou zones blanches). Ce qui semble être l'un des objectifs, si on se réfère à d'autres données.

Les chiffres officiels de l'ARCEP, pour 2024, estimaient qu'environ 1253 villages, abritant 6,5 % de la population, présentaient encore un déficit de couverture en téléphonie mobile et en internet. En pratique, cet accord s'aligne directement sur la deuxième phase du projet de développement du Service universel : couvrir 200 villages prioritaires encore en zones blanches. Un précédent projet pilote avait déjà permis de connecter 33 villages entre 2016 et 2018. La mutualisation entre MAGT et Airtel devient un levier important pour rendre ce nouvel objectif de grande envergure plus soutenable et réalisable.

Les premiers tests grandeur nature débuteront à la Cité de la Démocratie, un site destiné à accueillir de grands événements internationaux. Mais au-delà des zones urbaines, l’attente est immense dans les provinces. Les utilisateurs, lassés par les zones blanches et les coûts de connexion, espèrent que cette alliance se traduira enfin par une baisse des tarifs et une stabilité accrue du signal.

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