Au Gabon, plusieurs textes juridiques punissent fermement ces dérives, mais leur application reste insuffisante face à l’ampleur du phénomène.
La loi n° 027/2023 du 12 juillet 2023 relative à la cybersécurité et à la cybercriminalité réprime les injures, menaces et propos diffamatoires diffusés par voie électronique, ainsi que les comportements visant à harceler une personne sur les réseaux. Par ailleurs, le Code pénal, enrichi par la loi n° 2021-893 du 21 décembre 2021, sanctionne l’atteinte volontaire à la vie privée, notamment la publication ou la diffusion de vidéos et images privées sans autorisation de la personne concernée. L’ordonnance n° 15/ PR/2018 réprime également l’accès non autorisé à des données informatiques et leur diffusion illicite. Enfin, la loi n° 025/2023 portant modification de la loi n° 001/2011 relative à la protection des données personnelles impose que toute collecte, traitement ou diffusion de données personnelles se fasse avec le consentement explicite des personnes visées.
Pourtant, malgré cet arsenal juridique robuste, la violence numérique continue de gagner du terrain. Les sanctions restent rares, les victimes hésitent à porter plainte, et les plateformes numériques multiplient les espaces de liberté qui deviennent parfois des zones de non-droit. La montée en puissance de l’intelligence artificielle alimente de nouvelles formes d’abus, comme les deepfakes et la création automatisée de contenus diffamatoires ou humiliants, rendant la lutte encore plus difficile.
Une campagne de sensibilisation contre la violence numérique a récemment été menée, mais sans véritable efficacité tangible.
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