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Société & Culture

Baie des Cochons : les premiers signes du déguerpissement

Site de la baie des cochons

Là, une porte que l'on arrache de ses gonds. Ici, des grilles que l'on découpe à la scie. Plus loin, des tôles que l'on démonte : entre le carrefour Léon-Mba et la Baie des Cochons – deux quartiers de Libreville –, les premiers signes du déguerpissement annoncé sont déjà visibles. Les occupants, une cinquantaine, concernés par l'ouverture et l'aménagement de nouvelles voies de circulation dans la zone, s'activent pour récupérer ce qui peut encore l'être avant l'arrivée des engins vendredi prochain.

Mais il leur a été donné la possibilité de récupérer ce qui pouvait l'être avant le début des démolitions annoncées. Alors, depuis quelques jours, ces populations ont d'abord été identifiées, recensées et leurs investissements marqués. Et, avant l'arrivée des engins le 26 juin 2026, les habitants s'activent.

Hier, au carrefour Léon-Mba, où il y a une concentration des commerces, plusieurs locataires et propriétaires profitaient de cette journée de lundi où le marché de Mont-Bouet est fermé, pour commencer les travaux de démontage. Certains retiraient des extensions construites au fil des années. D'autres démontaient les devantures ou les toitures.

C'est le cas de Santos, propriétaire d'un magasin concerné par les opérations. "Je vais appeler les soudeurs pour déplacer les portes. Ensuite, on va enlever les toitures", explique-t-il.

Comme d'autres, il préfère récupérer lui-même les matériaux plutôt que de les voir détruits lors des démolitions. Un peu comme recommandé par la gouverneure de l'Estuaire, Marie-Françoise Dikoumba, lors des consultations publiques le 19 juin dernier (lire ci-contre).

Elle avait alors convié les personnes impactées à enlever elles-mêmes tout ce qui est démontable et récupérable (tôles, fenêtres, portes et autres…).

Au total, et d'après le recensement effectué dans le cadre du projet, ce sont 52 personnes qui sont impactées sur l'ensemble de la zone concernée.

Et sur le terrain, l'ambiance n'est ni à la colère ouverte ni à la résignation totale. Beaucoup disent comprendre les enjeux du projet tout en regrettant les pertes qu'il occasionne. ''Ça nous dérange, mais on nous a expliqué. Nous sommes d'accord avec ce qu'on nous a dit", confie un occupant rencontré alors qu'il participait au démontage de son installation. Si certains ont déjà commencé à démonter leurs biens, d'autres continuent toutefois de s'interroger sur les limites exactes de l'emprise ou sur les critères retenus pour déterminer les constructions concernées.

Une habitante rencontrée sur place affirme disposer de documents administratifs relatifs à son terrain (plan et décision finale) et peine à comprendre pourquoi un seul côté de la voie semble aujourd'hui visé.

Des interrogations qui n'empêchent cependant pas les récupérations de se poursuivre. Et les choses, à ce qui se voit, vont de l'avant et l'opération se déroule sans anicroche.

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