En lançant une vaste opération de construction de routes en béton dans plusieurs quartiers et arrondissements du Grand Libreville, le président Brice Clotaire Oligui Nguema est parvenu à résoudre, en grande partie, l’équation difficile des voiries urbaines. Porté par un programme du Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI) durant la Transition intervenue avec l'avènement des militaires au pouvoir, ce chantier d’envergure a permis, en quelques mois seulement, à des milliers d’habitants des zones jusqu’alors difficilement accessibles de rompre avec un calvaire quotidien.
Certes, quelques routes en pavés avaient déjà ouvert certains secteurs enclavés, mais de nombreux quartiers peinaient encore à accueillir les transports en commun et leurs résidents subissaient régulièrement la destruction de leurs véhicules. Pis, lors des fortes pluies, le lot de milliers de riverains était fait de crevasses, cratères, nids-de-poule et de boue. Aujourd’hui, un peu partout, ce grand changement suscite la satisfaction. Cependant, depuis quelques mois, cet enthousiasme semble quelque peu s’estomper, au grand dam de nombreux autres riverains de la capitale de notre pays et d'ailleurs de la province de l'Estuaire. Ces derniers auraient souhaité que ce programme, salué par les Librevillois, Akandais, Owendois et autres se poursuive au rythme imprimé à ses débuts par de petites et moyennes entreprises locales ayant démontré leur savoir-faire, même si plusieurs autres n'ont pas été à la hauteur des attentes et des enjeux.
Ce d'autant plus que certaines ne disposant pas de réelle expertise, parfois créées pour bénéficier tout juste de parts de marché, ne respectaient pas le cadre légal. L’interruption de nombreux chantiers à Libreville et à Akanda, notamment, vient, en effet, freiner cette dynamique. Les raisons invoquées seraient beaucoup plus d’ordre financier. Pourtant, interrogés, des responsables du ministère des Travaux publics se montrent mesurés, voire prudents, tout en affirmant que les fonds sont disponibles, reste juste à les mettre à disposition des entreprises. Dès lors, une question se pose : à quand la reprise de ces travaux qui ont sérieusement soulagé nombre de nos compatriotes en ouvrant des voies préalablement rendues impraticables ?
Ces réalisations, c'est incontestable, ont offert un nouveau visage à des quartiers parfois peu reculés, mais longtemps inaccessibles en raison de leur état dégradé. Dans plusieurs zones, il y a donc urgence à relancer ces chantiers pour parachever l'amélioration du cadre de vie de ces populations.
Pour ce faire, les habitants des communes concernées, qui avaient favorablement accueilli le programme de construction des voiries urbaines, en appellent au président Oligui Nguema. Pour que l’expérience du béton, saluée à juste titre, ne reste pas qu’une promesse inachevée.
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