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Économie

Les Librevillois à la recherche de gaz et d'essence

Station service à libreville

2026 commence d'une drôle de façon pour les ménages et les automobilistes de la capitale. Depuis plusieurs jours, le Grand Libreville fait face à une pénurie combinée de Super et de gaz butane, plongeant les usagers dans le désarroi.

Dans les stations-service, le scénario se répète : des files d'attente interminables se forment, particulièrement le soir, dans l’espoir de récupérer les derniers litres d'essence. "J'espère que j'aurai plus de chance au PK 13. J'ai été dans plusieurs stations-service et aucune d'entre elles n'avaient d'essence. J'aurais dû m'acheter une voiture qui roule au gasoil", tempête, ce lundi 5 janvier, aux alentours de 21 heures, un conducteur.

Heureusement pour lui, ce jour-là, un des pompistes lui indique que le précieux liquide est disponible. Mais d'autres chauffeurs, dans le Grand Libreville, n'ont pas la même veine. En effet, cela fait des jours que le Super manque à la pompe. Et c'est surtout le soir que les longues files d'attente sont visibles. Parce que tout le monde veut faire des réserves pour le lendemain, laissent échapper des Librevillois.

Parallèlement, la quête du gaz butane est devenue un véritable parcours du combattant. Des quartiers aux marchés, les dépôts sont vides. Du coup, beaucoup se demandent si cette rareté ne va pas favoriser l'émergence d'un marché noir où les bouteilles sont revendues à des prix spéculatifs, impactant directement de nombreux foyers.

Face au mécontentement, la Société gabonaise d’entreposage de produits pétroliers (SGEPP) a réagi par un communiqué, 5 janvier. L'entreprise clarifie sa position : elle n'est responsable que de l'entreposage et non de la commercialisation ou de la distribution. Le curseur de la responsabilité est ainsi déplacé vers les "marketeurs" (TotalEnergies, Vivo Energy, Ola Energy, PetroGabon et Gab’Oil).

La SGEPP affirme pourtant avoir mis en place une permanence opérationnelle exceptionnelle durant les fêtes, avec des volumes couvrant théoriquement 90 % de la demande. " La SGEPP demeure pleinement mobilisée dans le strict respect de ses attributions et poursuit sa collaboration avec l'ensemble des parties prenantes concernées, en vue d'un retour progressif à une situation normale", indique-t-elle aussi.

Ces explications techniques peinent toutefois à convaincre sur le terrain, où l’absence de données sur les stocks stratégiques nationaux et l'opacité des flux d'importation soulèvent aussi des questions.

Cette crise survient dans un contexte paradoxal : en novembre 2025, le gouvernement annulait la suppression des subventions pétrolières prévue pour ce 1er janvier 2026. Si les prix restent bas, la disponibilité physique des produits fait maintenant défaut. Même si la situation n'est pas aussi extraordinaire qu'il n'y paraît. En effet, la situation actuelle rappelle des précédents historiques similaires.

En janvier 2023, suite à un glissement de terrain qui avait endommagé le chemin de fer, une mission gouvernementale avait dû se rendre dans le Haut-Ogooué pour rassurer les populations. À cette époque, à Franceville, les prix des produits de première nécessité avaient flambé. Le kilogramme de la viande de dinde était passé de 1 500 à 3 000 francs. En janvier 2020, des pénuries de carburant (essence et diesel) avaient déjà été enregistrées dans les provinces du Haut-Ogooué et de l'Ogooué-Lolo, causant des difficultés économiques sur le plan local.

Aujourd'hui, entre obsolescence des infrastructures et défaut de logistique, les Librevillois attendent toujours de savoir si le blocage se situe au niveau du paiement des importateurs, d'un problème technique à la Sogara ou d'une désorganisation profonde des circuits de distribution.

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