En décidant sa fusion-absorption au sein de l’Union démocratique des bâtisseurs (UDB) lors d’un congrès extraordinaire samedi dernier, l’aile Ndong Obiang du parti RÉAGIR a en réalité entériné la disparition volontaire d’une formation politique déjà à l’agonie. Présentée comme un choix idéologique, cette décision ressemble à une capitulation dictée par les contraintes juridiques et l’échec organisationnel.
Le constat est implacable. Confronté aux exigences de la loi n°016/2025 sur les partis politiques, RÉAGIR doute de sa capacité à franchir le seuil de crédibilité institutionnelle puisque ne répondant qu'à 5 des six exigences de la loi. À la clé, seulement 5 608 adhérents revendiqués sur les 10 000 requis. Dans ces conditions, la fusion avec l’UDB apparaît moins comme un choix que comme une issue de secours, un repli stratégique pour éviter une disparition pure et simple. Mais réduire cette décision à une simple contrainte administrative serait occulter l’essentiel : le parti s’est sabordé de l’intérieur. Depuis la Transition, le parti n’a cessé de se fracturer. L’épisode de juillet 2025 illustre à lui seul l’ampleur du chaos. Une notification officielle, transmise par huissier à François Ndong Obiang, lui interdisait l’usage du nom et du logo du parti, déposés auprès de l’OAPI au nom de Félix Bongo. En réponse, l’aile Ndong Obiang a acquis un nouveau siège, modifié le logo, mais sans jamais régler la question de fond. Dans le même temps, l’aile opposée, conduite par Michel Ongoundou Loundah accompagné de Jean-Valentin Leyama, alertait le ministère de l’Intérieur sur la dérive organisationnelle du parti.
Les échéances électorales n’ont fait qu’exposer au grand jour ces déchirures internes. Plus grave encore, toutes les candidatures du parti ont été invalidées par les juridictions compétentes, révélant une désorganisation profonde et une incapacité à répondre aux exigences du jeu démocratique. Dans ce contexte, que vaut réellement cette fusion-absorption ? Que fera Michel Ongoundou Loundah ? Quel accueil réservera l’UDB à cette greffe fragile ?
Au fond, cette séquence révèle une réalité plus large : dans un paysage politique en recomposition et à la lumière de la nouvelle loi électorale, les partis sans assise populaire, sont condamnés à disparaître, qu’ils le veuillent ou non. RÉAGIR, pour sa part, n’aura été qu’un mirage politique incapable de survivre à ses propres fractures avec d'un côté, une aile qui assume sa proximité avec le pouvoir et de l'autre, une autre qui revendique son ancrage dans l'opposition.
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