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Chroniques

[Tribune des partis politiques] - La continuité comme doctrine

Alix-Ida MUSSAVU-KOMBILA , journaliste à L'Union

Le premier congrès ordinaire de l’Alliance patriotique (AP), tenu le 29 mai à Libreville, n’aura finalement réservé aucune surprise. Sans trembler, le président fondateur, Raymond Ndong Sima, a été reconduit à la tête de son parti avec 90 voix sur 95 grands électeurs. Un résultat sans appel qui confirme sans doute la place centrale qu’occupe encore le fondateur dans l’architecture politique de la formation, mais qui met surtout en lumière une réalité bien ancrée dans la vie politique du pays : la continuité comme règle au sein des partis.

Face à lui, les candidatures de Jean-Jacques Nkoghe Biyoghe et Moussavou Moudjegou auront pour ainsi dire, davantage servi à rappeler que le pluralisme existe statutairement qu’à remettre en cause l’ordre établi. Avec respectivement 3 et 2 voix, les deux prétendants n'ont pas réellement menacé le leadership du fondateur. Il faut dire que dans notre paysage politique, les partis demeurent souvent indissociables de leurs créateurs. Le président fondateur plus qu'un simple dirigeant, est généralement la principale référence politique, le visage du parti, son principal argument électoral et parfois même sa mémoire institutionnelle. Dans ces conditions, imaginer une alternance interne dès le premier congrès aurait relevé ou presque, de la science-fiction politique.

“Notre parti est encore jeune et a besoin de consolider ses bases avant d'accélérer son développement”, a déclaré Raymond Ndong Sima. “Pour l'instant, je pense qu'il a encore besoin de l'expérience des anciens”, a-t-il argué. Une affirmation qui résume bien la philosophie qui prévaut dans de nombreuses formations politiques. Un raisonnement difficile à contester dans un contexte où les jeunes partis cherchent encore leur ancrage et leur structuration. Un ancrage que l'AP n'a d'ailleurs pas encore réussi à consolider, en témoignent ses résultats à l'issue des dernières échéances électorales, même si le parti se réjouit d'avoir 3 822 adhérents sur 5 provinces du pays. Cette réélection traduit donc moins une compétition interne qu'une volonté de continuité, confirmant la réalité selon laquelle, lorsqu'un parti est encore en construction, le fauteuil du président fondateur est rarement convoité avec de réelles chances de succès. Le congrès l'a en tout cas validé.

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