La crise que traverse l’école gabonaise ne saurait être un slogan commode pour les joutes politiciennes. C'est une réalité douloureuse vécue quotidiennement par les élèves, les parents, les enseignants voire toute une Nation consciente que son avenir se joue dans les salles de classe. C’est précisément pour cette raison que le RPM s’élève contre toute tentative d’instrumentalisation politique de ce malaise profond.
Dans une sortie hier, Jean-Robert Goulongana a exprimé l'indignation de son parti face aux prises de parole de certaines personnalités politiques ayant, par le passé, occupé de hautes responsabilités au sommet de l’État (à la Primature et au ministère de l’Éducation nationale). Que ces anciens décideurs, hier comptables des orientations et des choix structurants du système éducatif, se livrent aujourd’hui à des explications cyniques de la crise actuelle interroge, pour le moins, sur leur sens de la responsabilité historique. Dysfonctionnements structurels, problème de gouvernance, précarisation du corps enseignant : cette crise ne saurait être réduite à un argument de circonstance, à une arme de règlement de comptes politiques. Feindre de découvrir aujourd’hui ces maux ou les exploiter pour se repositionner sur l’échiquier politique, relève d’une posture indécente que le RPM qualifie à juste titre de politicienne. La dépolitisation de cette crise ne signifie pas l’abandon du débat public. Au contraire, elle implique un débat responsable et lucide fondé sur un diagnostic partagé et suppose que ceux qui ont gouverné aient l’humilité de faire leur autocritique avant de donner des leçons.
Dans ce contexte, l’appel du RPM à la retenue et au sens de l’État prend tout son sens. Les sujets liés à l’Éducation touchent au coeur même du pacte social d'autant plus que la surenchère verbale et la dramatisation opportuniste ne font qu’aggraver la défiance des citoyens envers la classe politique. Au fond, la question posée n’est pas seulement celle de la responsabilité des anciens gouvernants, mais celle de la capacité collective du Gabon à bâtir un consensus national autour de son système éducatif. Dépolitiser la crise, c’est accepter que l’école ne soit ni un champ de bataille électoral ni un levier de positionnement médiatique.
Toutefois, la dépolitisation qu’il appelle de ses voeux ne saurait exonérer le RPM de sa propre responsabilité dans l’élaboration d’une alternative crédible et structurée. Dans un contexte de défiance généralisée, la cohérence politique ne se mesure pas à la vigueur des critiques.
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