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Chroniques

[La Semaine] - Inévitable programme

Anicet Magloire ONDOUBAS, Rédacteur en chef adjoint | Éditorial à L'Union

Si on peut reconnaître que le front social, avec de nouveaux mouvements de grève ou tout au moins des préavis, a dominé l'actualité socio-politique de la semaine écoulée, il y a également lieu d'admettre que d'autres évènements ont été enregistrés. C'est le cas du sommet extraordinaire des chefs d'État de la Communauté économique et monétaire des États de l'Afrique centrale (Cémac).

Sur le front social on notera que, outre le Syndicat des professionnels de la Communication Syprocom qui a décidé d'observer un mouvement de grève, c'est surtout la crise à l'Éducation nationale qui a davantage attiré l'attention du public. Une situation qui a connu une autre tournure avec l'incarcération à la prison centrale de Libreville de deux leaders syndicaux, Marcel Libama et Simon Ndong Edzo, pour, a-t-on appris, "trouble à l'ordre public".

Malheureusement pour les élèves et leurs parents, cet emprisonnement a été retenu parmi les arguments brandis par les grévistes du collectif "SOS Education", pour décider du maintien de leur mouvement de grève, rejetant l'appel des autorités à une reprise des cours ce lundi. Désormais, on est comme dans un bras de fer.

Heureusement, diront certains, que, soucieux d'éviter l'enlisement total de cette crise dans le monde scolaire, le président Oligui Nguema a désigné un médiateur pour essayer de ramener la sérénité dans ce secteur. Il s'agit du député de l'Union nationale (UN) Jean Gaspard Ntoutoume Ayi. Ce dernier a d'ailleurs commencé à poser ses premiers actes relatifs à cette mission.

Il faut craindre que ladite mission ne soit perturbée par celle menée à l'intérieur du pays par Pierre Mintsa, Gaston Midoungani et Georges Mpaga (société civile ou acteur politique ?) que d'aucuns qualifient de "médiateurs autoproclamés". D'autres assimilent même leur initiative à de l'agitation pure et simple. Cette démarche leur a d'ailleurs valu d'être éconduits et copieusement hués par les enseignants grévistes de Port-Gentil... Attention donc à la cacophonie dans la médiation !

Sur un tout autre plan, soulignons que le président Brice Clotaire Oligui Nguema et plusieurs de ses pairs de la sous-région, se sont retrouvés à Kintélé, au Congo, pour évoquer les défis économiques, monétaires et financiers auxquels font face les États membres de la Cémac. De leurs assises, il ressort que les dirigeants de la sous-région se sont engagés à affronter, dans l'unité et la cohésion, ces défis. Non sans reconnaître que l'urgence commande l'adoption des réformes vigoureuses voire drastiques.

Certaines voix ont même annoncé la nécessité de se faire accompagner dans cette perspective par les partenaires internationaux, notamment le Fonds monétaire international (FMI).

Dans tous les cas, le Gabon n'a pas attendu le sommet de Kintélé pour annoncer qu'il allait conclure un "Programme de croissance économique" avec cette institution de Bretton Woods. Si celui-ci est le tout premier sous la Ve République, le Gabon en a connu d’autre en quantité. Et souvent, la pilule n'a pas été facile à avaler. Depuis plusieurs mois, nombre d'experts avertis disaient déjà que la situation financière du Gabon rendait inévitable un programme avec le FMI. Que nous réserve ce prochain programme ? Là est toute la question sur laquelle le gouvernement est attendu. Le communiqué du ministère de l'Economie a réaffirmé l'engagement des autorités gabonaises à le conduire dans un "esprit de responsabilité, de transparence et de coopération". Ce qui implique aussi une communication efficace vis-à-vis des populations qui, au regard des précédentes expériences, redoutent déjà ce programme à peine annoncé.

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