Le 25 février 2026, au greffe civil du Tribunal de première instance (TPI) de Libreville, Marie Huguette Okomo Essono avait aspergé de pétrole lampant une greffière et le mobilier. Munie d'un allume-gaz, elle tentait ensuite d'y mettre le feu, avant d'être maîtrisée par les agents de sécurité.
Cet acte lui vaut la prison aujourd'hui. Le 16 mars dernier, au terme de son audition, elle a été placée sous mandat de dépôt par le juge d'instruction qui a considéré le caractère criminel des faits, après l'avoir inculpée pour "tentative d’assassinat" et "tentative d’incendie volontaire" présumées, apprend-on de sources judiciaires.
Si elle peut satisfaire les greffiers, qui avaient d'ailleurs débrayé pendant trois jours pour contester sa libération, l'incarcération de Mme Okomo Essono ne saurait occulter une réalité décriée et confirmée par l'enquête administrative menée par l’Inspection générale des services judiciaires, au lendemain de cette tentative d'incendie. Accablant, le rapport pointe des dysfonctionnements attribuables au service public du TPI de Libreville et aux agents qui y exercent.
Lenteur administrative entretenue par les magistrats, mauvaise gestion des audiences, renvois multiples, mauvaise application de la radiation et réaction inconcevable du greffe, tout a été passé au crible. Au point que certains ont donné raison à la dame dont la colère serait due à la disparition de son dossier sur un litige foncier. Enrôlé à l’audience du 28 novembre 2022, ce dossier portant sur une annulation de vente de terrain a été renvoyé pour la première fois au 6 novembre 2023. Une durée de renvoi contraire au "droit du citoyen à un jugement dans un délai raisonnable". Et l'affaire a connu plus de 10 renvois, selon l'enquête administrative.
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