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Faits divers & Justice

Procès Esther Miracle : nouveau renvoi au 26 février 2026

Tribunal de Libreville

Il y avait foule, hier, au Palais de justice de Libreville, pour l'audience correctionnelle de l'affaire Esther Miracle. Le naufrage, survenu le 9 mars 2023, de cette embarcation (un ferry) au large des côtes gabonaises, avait fait une trentaine de morts. Une forte tension était perceptible dans la salle où familles des disparus, rescapés et curieux avides d'en savoir davantage sur les issues judiciaires avaient pris place. Pour le procès, le puzzle avait réuni la quasi totalité de ses pièces constitutives : le président de céans assisté, le parquet, le greffe de l'audience, la défense, les prévenus, les avocats des parties civiles. Et si l'audience proprement dite n'a pas pu se tenir, c'est à cause de celles-ci.

En effet, en raison de l'indisponibilité (en déplacement en France) d'un des avocats du cabinet Kalmie, conseil d'une quarantaine de parties civiles, le procès n'a pu se tenir. Et le président de céans d'annoncer que "l'audience est renvoyée pour le 26 février 2026".

Une décision qui a été l'épilogue de divers échanges marquant le dépit manifeste de bien des personnes. Un dépit légitime, d'autant que "cette affaire date depuis 3 ans, et qu'il y a eu trois renvois", a lâché un parent de disparu.

Le président de céans, qui cerne toutes les susceptibilités du moment, adossées à la sensibilité fébrile du dossier, relève tout de même l'inconvenance de tenir une instance où "une quarantaine de parties civiles seraient absentes... Le cabinet Kalmie nous a saisis par cette correspondance pour son absence à ce procès."

D'où il sollicite l'avis des avocats de toutes les parties. "M. le président, nous constatons que notre confrère est absent et qu'il a un nombre important de clients à défendre, nous nous remettons à la sagesse du tribunal", émet un avocat.

Sur ce, Me Sarah Ognyane réagit en s'appuyant sur la déontologie de l'Ordre des avocats qui, s'agissant de l'indisponibilité d'un confrère, veut que celui-ci saisisse par courrier l'autre avocat, et non seulement le tribunal ; ce que le cabinet Kalmie n'a pas fait. En clair, cette entorse laisse la possibilité d'instruire l'affaire. Me Méthode Imbong Fadi, lui, tout en soulignant qu'"il n'y pas péril en la demeure du fait de l'éventualité d'un renvoi", relève que "l'équilibre des droits des prévenus a été largement violé, car certains ont, depuis, bénéficié de la liberté provisoire, quand d'autres sont en détention. D'où je propose que ceux qui sont en prison bénéficient aussi de la liberté provisoire". Le procureur de la République revient en insistant sur l'indisponibilité du cabinet Kalmie qui est au centre de ce débat : "Cela fait depuis 2 semaines que toutes les parties ont été informées de cette audience. En outre, ce cabinet a plusieurs avocats, l'absence d'un seul doit-elle empêcher que le dossier soit instruit aujourd'hui ?"

Partie civile, Me Mayila plaide aussi "pour un renvoi, mais dans un délai très proche", conscient que "40 parties civiles absentes, c'est beaucoup". Mais que ce soit pour les parties civiles ou pour la défense, l'urgence d'en finir est palpable. "Nous avons des clients qui sont en prison depuis près de trois ans, sans qu'ils sachent qu'elles sont leurs responsabilités réelles et qu'est ce qui les attend en termes de sort pénal".

Et l'autre de rétorquer, à voix mi-éteinte : "Au moins les parties civiles, les tiennes sont bien là, vivantes, ce qui est une consolation. Mais les miennes sont mortes depuis près de 3 ans. Comprenez ma tristesse."

Pour le procureur, "il s'agit d'une audience spéciale, une audience entière qui doit prendre en compte tous les éléments, et donc tous les intérêts de toutes les parties, nous devons rechercher cet équilibre, pour rendre une bonne justice".

L'auditoire, silencieux, mais tout ouïe, ne perd rien de ces échanges. Il encaisse, impassible, cet énième renvoi : "Un renvoi de trop", a soupiré Me Dibangoyi Loundou.

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