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"Challenge papas irresponsables" : au-delà de l'émotion… Exposer un père, c'est exposer son enfant

Challenge pères irresponsables

Le buzz est efficace. Le "Challenge papas irresponsables" lancé sur la page "L'oeil de la Nasa" par l'activiste Yan Ateba Ndong fait des chiffres. Photos, noms, numéros de téléphone jetés en pâture. Des milliers de commentaires, des rires, de l'indignation. Mais au-delà de l'émotion légitime des mères isolées, ce tribunal populaire pose un problème grave de droit, d'éthique et d'intérêt supérieur de l'enfant.

On prétend défendre l'enfant abandonné en affichant son géniteur sur les réseaux sociaux. Mais c'est l'enfant lui-même que l'on marque au fer rouge : "fils de…", "fille de…". Demain, à l'école, dans son quartier, cet enfant devra porter l'humiliation publique que sa mère a infligée à son père. A-t-on pensé à son droit à la dignité ? La protection de l'enfance commence par la protection de son image.

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La version de papa n'existe pas ? Sur Facebook, il n'y a ni juge, ni avocat, ni enquête. Un post devient une vérité générale. Or, la réalité des ruptures est rarement manichéenne. Combien de pères veulent voir leurs enfants et se voient opposer un droit de visite bafoué ou un refus total de visite ? Combien versent informellement puis se voient traités de "zéro" ? Combien sont eux-mêmes au chômage, écrasés par la cherté de la vie à Libreville, et font ce qu'ils peuvent ? Le challenge ne fait aucune distinction entre le voyou qui fuit et le père pauvre qui, honteusement, s'éloigne.

Le témoignage de Samantha Obiang, "Elles ne savent plus quoi faire", est poignant. Mais la détresse ne donne pas tous les droits, et surtout pas celui de violer la loi sur la diffamation et la protection des données personnelles.

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