Après plus de six mois de détention, l'ancien Premier ministre d’Ali Bongo et président du parti Ensemble pour le Gabon (EPG), Alain-Claude Bilie-By-Nze a enfin été interrogé sur le fond, hier, par le juge d'instruction, dans le dossier ouvert à la suite de la plainte de Baba Ramatou. Il a répondu à plusieurs questions sur les faits qui lui sont reprochés. C'est un acte que la défense attendait depuis des semaines.
C'est à la sortie du tribunal que Me Sarah Oniane, l'un de ses avocats, a livré l'information. La défense avait saisi le juge le 15 octobre, puis l'avait relancé le 26 octobre, après la prolongation de la détention. La notification n'est finalement arrivée que le 3 novembre, a confié Me Oniane. Pour l'avocat, il fallait rétablir l'équilibre. Baba Ramatou, partie civile, avait déjà été entendue le 27 avril 2026 pour préciser les faits de sa plainte. Il fallait que le mis en cause soit, à son tour, entendu sur les mêmes faits, afin que chaque partie puisse donner sa version.
Selon Me Sarah Oniane, son client ne s'est pas dérobé : " Il a répondu sans hésitation, sans réserve, avec une limpide clarté. " Alain-Claude Bilie-By-Nze s'est lui-même dit satisfait : " Le juge m'a permis de dire tout ce que je sais et il m'a donné le temps de parole que j'ai voulu. "
Place maintenant à la suite. Il y aura d'abord la confrontation entre Baba Ramatou et l'ancien Premier ministre, en présence de leurs avocats, puis l'enquête de moralité et le dépôt des mémoires de défense. Le juge aura ensuite cinq jours pour décider d'un non-lieu ou d'un renvoi devant le tribunal correctionnel, a expliqué l’avocat du prévenu.
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