Si à l'évocation du vote obligatoire au Gabon, certaines voix estiment, "on ne décrète pas la confiance", il reste qu'en annonçant son intention d'instaurer le vote obligatoire, Brice Clotaire Oligui Nguema ne s'engage pas sur un terrain inédit. Avant le Gabon, certains pays ont tenté de faire de la participation électorale une obligation légale. Toutefois, contraindre les citoyens à voter suffit-il à renforcer la démocratie ?
L'exemple le plus souvent cité reste l'Australie. Là-bas, le vote est obligatoire aux élections fédérales depuis 1924. Les électeurs qui s’abstiennent sans justification s’exposent à une amende. Le pays enregistre régulièrement une participation élevée, proche de 90 %.
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L’exemple montre qu’une obligation assortie de mécanismes d’application peut limiter l’abstention, sans pour autant garantir à elle seule la confiance dans les institutions.
En Afrique, les expériences sont assez contrastées. En Égypte, où le vote est officiellement obligatoire depuis les années 1950, les sanctions sont rarement appliquées, sans empêcher des taux d'abstention parfois élevés. L'Angola présente un autre cas. La Constitution fait du vote un "devoir civique", mais dans la pratique, le vote n'est pas obligatoire. Le pays n'applique aucune sanction ni amende pour les citoyens qui choisissent de ne pas se rendre aux urnes.
Des situations qui rappellent qu’entre la règle écrite et son effectivité, la volonté politique et les capacités de contrôle de l’administration jouent un rôle déterminant. La leçon pour le Gabon est qu'il ne suffira pas d'inscrire le vote obligatoire dans le Code électoral. Il faudra préciser les électeurs concernés, les motifs légitimes d'abstention, les sanctions éventuelles et les mécanismes de contrôle.
L’obligation électorale ne peut pour ainsi dire, être dissociée de la fiabilité du fichier, de la transparence des opérations de vote et de la lutte contre les déplacements organisés d’électeurs. Autant de chantiers évoqués par le Conseil des ministres du 15 octobre.
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