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La machette face aux documents légaux ?

Tentative d'expulsion Acaé

C'est une scène qui a failli virer au drame la semaine dernière au quartier Acaé. La vidéo a fuité sur la toile il y a quelques jours. Un Gabonais, qui serait propriétaire légal d'une parcelle, a voulu récupérer ce qui est à lui. En face, des occupants de nationalité béninoise qui y habitent depuis des années et qui estiment que partir, c'est mourir. Résultat : bulldozer d'un côté, armes blanches de l'autre.

Sur sa parcelle, il y a des maisons. Des familles béninoises installées là depuis longtemps, qui paient, ne paient pas, peu importe, mais qui considèrent désormais que le terrain est leur village. Après des mois de sommations, le propriétaire obtient ce que la loi lui donne : une décision d'expulsion et une autorisation de démolition. Il vient donc avec l'engin. Le fameux Caterpillar jaune qui fait trembler tout Libreville.

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Selon des témoins sur place, à la vue de l'engin, certains occupants sont sortis, non pas avec leurs papiers, mais avec des machettes, des gourdins et des couteaux.

" On va te tuer si tu casses ici. On va mourir ici ", auraient lancé plusieurs d'entre eux au propriétaire et à l'équipe de démolition, mais aussi à l'endroit des riverains, des propos rapportés par les voisins. Menaces de mort, cris, rixe généralisée. Le conducteur de l'engin a dû faire marche arrière pour ne pas écraser quelqu'un.

Pas de mort, mais plusieurs blessés légers et une peur bleue pour tout le quartier. Cette affaire d'Acaé pose une question noire, très noire : depuis quand, au Gabon, on chasse le propriétaire de chez lui avec une arme blanche ? On nous parle d'intégration africaine, de vivre-ensemble, et on est les premiers à le défendre. Mais l'intégration, ce n'est pas s'installer sur le terrain de l'autre et lui interdire d'y mettre les pieds sous peine de mort. La loi est la même pour tout le monde.

Ce qui choque à Acaé, ce n'est pas la nationalité des occupants. C'est le sentiment d'impunité. On sort la machette contre un compatriote chez lui, et on pense que ça va passer.

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