L'élargissement de la redevance R4 à l'ensemble des aéroports du Gabon, la réinstauration de la Taxe sur la valeur ajoutée, au taux de 18 %, sur les vols domestiques, l'augmentation des redevances de sûreté et l'application d'une nouvelle redevance dite "Securiport", sont, entre autres, les nouvelles dispositions de la loi de finances rectificative (LFR) applicables au secteur aérien que dénonce la compagnie nationale FlyGabon. Conscient que ces changements peuvent affecter fortement l'attractivité du ciel gabonais, l'opérateur national FlyGabon, dans un communiqué d'une longueur inédite, a décidé (L'Union du 3 août 2026) de ne plus collecter la taxe R4 qui, selon lui, fait courir au Gabon "un risque de perte de souveraineté économique".
De fait, de nombreux observateurs s'interrogent sur la "sortie prématurée" de la compagnie nationale qui traînerait une dette de 7,8 milliards de F CFA envers le compte séquestre destinée à rembourser une partie des créances liées aux travaux du projet de la nouvelle aérogare et de la voie de contournement.
Pour FlyGabon, "le passager gabonais supporte des taxes et redevances supplémentaires, tandis qu’une part très majoritaire des recettes ainsi générées pourrait sortir de l’écosystème national". Mais dans le même temps, selon des éléments d'analyse, les pratiques commerciales de certains transporteurs pourraient aussi expliquer son coût élevé.
D'après la loi de finances rectificative, en son article 11 nouveau, il est clairement indiqué que "la redevance passager aérien R4 est collectée auprès des passagers par les compagnies aériennes, les sociétés émettrices de billets, les exploitants d’aéronefs ou tout autre intermédiaire habilité, sur le prix de chaque billet d’avion à destination ou en provenance de tout aéroport du Gabon".
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Elle précise aussi dans son article 13 : "Pour le projet du nouvel aéroport international de Libreville, le produit de la redevance passager aérien R4 est affecté au concessionnaire pour le financement des investissements liés à la construction du nouveau terminal de l’aéroport international de Libreville, le paiement des charges liées au financement du projet, à la réhabilitation de l’aéroport international Léon Mba et au remboursement des financements régulièrement contractés pour sa réalisation, dans les limites des engagements approuvés par l’État".
Devant cette situation, FlyGabon attend "qu'une concertation s’engage sur les conditions d’application de cette mesure, la loi ouvrant l’initiative au gouvernement pour fixer par arrêté conjoint des ministères chargés des Finances et des Transports, les modalités d’actualisation de la grille tarifaire, les catégories d’entrée en vigueur, les exemptions applicables".
Pour cette redevance, Fly Gabon est le visage de la contestation qui est plus large. L'Association du transport aérien international (IATA) ne voit pas non plus cette mesure d'un bon oeil depuis son instauration. Chose qui, selon le concessionnaire de l'aéroport de Libreville, ne saurait justifier le coût excessif du billet d'avion au départ et à l'arrivée de Libreville.
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