Les vacances scolaires sont traditionnellement synonymes de repos, de loisirs et de retrouvailles familiales. Pourtant, depuis quelques années, cette période est de plus en plus occupée par les cours de vacances. Dans plusieurs villes, les devantures des écoles privées rivalisent d'affiches promettant une remise à niveau, un renforcement des acquis ou encore une préparation anticipée à la prochaine rentrée.
Sur Facebook, WhatsApp ou encore TikTok, les publications sponsorisées se succèdent. Établissements privés, enseignants et centres de soutien scolaire mettent en avant leurs programmes, leurs tarifs et parfois même des réductions pour les inscriptions précoces. Tous les moyens sont bons pour attirer la "clientèle". Une visibilité qui témoigne de l'importance grandissante de ce marché éducatif.
Pour de nombreux parents, ces cours constituent un investissement. Ils estiment qu'une longue interruption risque de faire oublier une partie des connaissances acquises durant l'année scolaire. "Mon fils a quelques difficultés en mathématiques. Les cours de vacances lui permettent de reprendre confiance avant la rentrée", explique une mère de famille rencontrée devant un établissement de Libreville. D'autres y voient également une solution pour occuper utilement les enfants pendant que les parents travaillent. Les cours deviennent ainsi une alternative à une garde à domicile, tout en conservant une dimension éducative. Mais cette pratique ne fait pas l'unanimité.
Certains parents refusent d'inscrire leurs enfants, estimant que les vacances doivent rester une période de récupération physique et mentale. "Après neuf mois d'école, ils ont besoin de souffler, de jouer et de passer du temps en famille. Les remettre immédiatement dans une salle de classe n'est pas forcément bénéfique pour eux", soutient un père de trois enfants.
Au-delà de l'aspect pédagogique, certains observateurs s'interrogent sur la dimension économique du phénomène. Pour plusieurs établissements privés, les vacances représentent désormais une période d'activité à part entière. Les salles de classe restent ouvertes, les enseignants sont mobilisés et les frais d'inscription génèrent des recettes supplémentaires à un moment où les écoles seraient normalement fermées. Les responsables d'établissements rejettent toutefois l'idée d'un simple business. Ils assurent répondre à une demande croissante des familles et affirment adapter leurs contenus aux besoins des élèves, notamment ceux en difficulté ou candidats à des examens.
Reste que l'essor des cours de vacances traduit aussi la forte pression qui entoure aujourd'hui la réussite scolaire. Car entre volonté de maintenir le niveau, peur du décrochage et concurrence entre établissements, les vacances scolaires semblent perdre progressivement leur vocation première.
En effet, si les cours de vacances peuvent constituer un véritable soutien pour certains élèves, il n'en demeure pas moins que leur généralisation soulève une question de fond : jusqu'où faut-il occuper les enfants pendant leurs congés scolaires annuels ?
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