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Faits divers & Justice

Port-Gentil : des interrogations autour d’une décision du parquet

Les deux mis en cause qui ont eu la baraka

Accusés d'extorsion de fonds au préjudice de Laurent Dabré, un ressortissant burkinabè de 27 ans, un agent municipal de 49 ans et un retraité de la mairie 62 ans, interpellés par les flics du commissariat central de Port-Gentil, ont vu le parquet de la République renoncer à toute poursuite à leur encontre.

Les faits remontent au 15 juillet dernier. Laurent Dabré est dans son atelier de soudure, au quartier Santa-Barbara, quand il reçoit la visite des deux agents municipaux pour un prétendu contrôle. Le Burkinabè explique que ces derniers s'étaient déjà présentés auparavant pour un contrôle similaire, au cours duquel ils sont repartis avec 40 000 francs, sous peine de voir son atelier fermé.

Soupçonnant une nouvelle tentative d'extorsion de fonds, il exige alors la présentation d'un ordre de mission ou de tout autre document justifiant leur intervention. Incapables de satisfaire cette demande, les deux hommes prennent la fuite, mais sont rapidement rattrapés par des riverains, alertés par les cris de la victime.

Conduits au commissariat, Laurent Dabré porte plainte. Lors de son audition, l'agent municipal reconnaîtra sans ambages s'être rendu dans l'atelier de la victime avec son complice, sous le couvert d'un contrôle inopiné, dans le but d'obtenir de l'argent. De son côté, son comparse retraité avouera avoir participé à l'extorsion de fonds au préjudice de la victime, pour faire face à ses difficultés financières. Les deux mis en cause admettant avoir encaissé 40 000 FCFA à cet effet.

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Les investigations ont permis de découvrir le dernier cité en possession de plusieurs documents de la mairie, notamment un dossier contenant l'ordre de mission n° 00001/02/2023. Selon les enquêteurs, ce document lui permettait de donner une apparence légale à ses contrôles et d'obtenir indûment de l'argent auprès de ses victimes. Les policiers ont ensuite saisi la Direction des Ressources humaines de la mairie, qui a confirmé que l'un est bien un agent en exercice, et que l'autre est à la retraite depuis deux ans.

Déférés, vendredi dernier, les deux hommes ont finalement été exemptés de toute poursuite, le parquet de la République ayant décidé de classer l'affaire sans suite. Une décision qui suscite des interrogations. Au regard des aveux des mis en cause et des éléments réunis par les enquêteurs. Une situation préjudiciable pour les victimes de telles pratiques.

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