À 89 ans, Jean-Boniface Assélé demeure l'une des figures les plus anciennes de la vie politique gabonaise. Trente-quatre ans après avoir fondé le Centre des libéraux réformateurs (CLR), il a, le 14 juin, une nouvelle fois été conforté à la tête du parti par son directoire, prolongeant ainsi son règne politique. Lors de cette rencontre, ce patriarche a rappelé qu'un parti politique est "une association organisée qui rassemble des citoyens unis par une philosophie ou une idéologie commune".
Une définition quasi académique qui interroge néanmoins sur l'identité politique réelle du CLR. Se présentant comme une formation centriste, le parti s'est pourtant illustré, tout au long de son histoire, par son soutien constant au pouvoir en place. Alliée historique du Parti démocratique gabonais (PDG) sous Omar Bongo puis Ali Bongo Ondimba, malgré quelques épisodes de tensions et de revendications, la formation de Jean-Boniface Assélé a rapidement apporté son soutien au président Brice Clotaire Oligui Nguema, artisan de la Transition ayant mis fin au régime précédent. "Pour l'heure, nous avons choisi de soutenir l'action du chef de l'État, le président Brice Clotaire Oligui Nguema", a d'ailleurs assumé le leader du CLR devant les militants.
Une position qui semble confirmer une ligne suivie par le parti depuis sa création : accompagner les différentes majorités. Cette fidélité au pouvoir n'a toutefois pas empêché l'érosion de son influence. Le CLR n'a pas réussi à tirer profit des derniers scrutins et ne figure d'ailleurs pas parmi les formations politiques désormais représentatives du pays, signe de son recul sur l'échiquier national.
Qu'à cela ne tienne, son positionnement met en lumière son principal paradoxe. Alors que le centrisme suppose une certaine autonomie vis-à-vis des grands blocs politiques, le CLR apparaît depuis plus de trois décennies comme un allié régulier des pouvoirs successifs. Dans le nouveau contexte politique, Jean-Boniface Assélé a annoncé la nomination prochaine de nouveaux responsables à la direction du parti. Une réorganisation destinée à insuffler une nouvelle dynamique à une formation désormais en quête de visibilité même s'il assure que "le CLR est un parti qui vit bien".
Ce renouvellement interne suffira-t-il à redonner du souffle à un parti dont l'un des défis sera de convaincre qu'il est bien plus qu'un simple relais de la majorité présidentielle ?
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