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Faits divers & Justice

Audiences foraines : une opération pour désengorger le milieu carcéral

Audiences foraines à Libreville

Le principe des audiences foraines consiste à délocaliser, temporairement, une juridiction de jugement hors des palais de justice pour aller siéger au plus près des justiciables. Dans ce sens, après Fougamou dans la province de la Ngounié, puis Koula-Moutou dans celle de l'Ogooué-Lolo, le tour est revenu à la prison centrale de Libreville d'accueillir ces assises qui s'inscrivent dans le cadre d'une exigence de dignité et de justice. Depuis hier, la grande maison d'arrêt abrite, en effet, une session d'audiences correctionnelles foraines spéciales. Lesquelles prennent fin aujourd'hui. Et examinent, au total, quarante affaires.

Autant parler de délits mineurs, puisque les infractions sont liées aux vols aggravés, aux cas de petites escroqueries, etc. Comme celle concernant le jeune Owouélé, auteur d'un braquage au cours duquel il avait dépossédé une Gabonaise de son téléphone portable et d'une somme de 150 000 FCFA, à Libreville.

Ou encore l'affaire de coups et blessures imputée à dame Angue. Cette dernière s'est défendue d'avoir agi en "légitime défense" lorsque, courant mai dernier au quartier Nkembo, alors qu'elle venait de fermer son point de vente de vin de canne à sucre, un client serait revenu, peu après minuit, cogner pendant quasiment une heure à sa porte au prétexte qu'il y aurait oublié son téléphone portable.

Mais ce ne sont que deux dossiers parmi tant d'autres. Si la moitié des affaires va être examinée aujourd'hui, dix-neuf l'ont été hier. Une n'a pu l'être, en raison d'une incompréhension : l'absence du prévenu Makaya qui serait déjà en liberté.

Cela dit, l'on ne peut que se réjouir de la tenue de ces audiences foraines organisées avec l'appui du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), dans le cadre du projet "Promouvoir un secteur de la justice responsable, efficace et inclusif au Gabon". La représentante-résidente de l'organe onusien au Gabon, Rokya Yedieng, a justement salué cette initiative qui vise à décongestionner les prisons.

L'on a souvenance que lors d'une visite au pénitencier de la capitale gabonaise, en février dernier, le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, chargé des Droits humains, Augustin Emane, n'avait pas caché son indignation face à la surpopulation carcérale. Construit pour environ 500 prisonniers, ce lieu accueille aujourd'hui environ 3 500 détenus recensés. Et seulement 600 sont jugés, le reste y séjournant dans le cadre de la détention préventive.

Un triste constat qui s'explique, entre autres, par la systématisation, désormais, d'une mesure (détention préventive) considérée pourtant comme "exceptionnelle" par le Code de procédure pénale. Dans tous les cas, il fallait donc agir, dans le sens du respect des droits humains.

"Les présentes audiences ont été initiées pour répondre à l'exigence d'efficacité et de régularisation. Elles permettent d'examiner la situation des détenus préventifs, afin que le droit soit dit dans un délai conformément aux lois en vigueur dans notre pays", a souligné le ministre Augustin Emane.

Ce dernier a précisé que dix avocats ont été mobilisés pour la circonstance. Et que ces audiences vont s'étendre à d'autres localités du pays.

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