Le Gabon dispose de ressources naturelles exceptionnelles, mais il peine à transformer ce potentiel en confiance économique durable, selon le Cabinet CC&F. En d'autres termes, le pays attire l'attention des investisseurs, mais n'arrive parfois pas à transformer l'intérêt en investissements concrets.
Pourtant, sur le papier, les indicateurs macroéconomiques de 2024 indiquaient un PIB d’environ 20,9 milliards de dollars, une croissance de 3,4 % et inflation contenue à 1,2 %. En dépit de ces bons indicateurs, les infrastructures de base ne suivent pas. Le chômage touche 20,2 % de la population globale, tandis que la dette publique frôle les 80 % du PIB. Pour le cabinet CC&F, plusieurs pesanteurs sont à relever. Le véritable frein à l’investissement n’est pas le manque d'opportunités, mais l’incertitude et le déficit d'exécution. "Le message central est simple : le Gabon n'a pas d'abord un problème de richesse. Il a surtout un problème de confiance, de prévisibilité et d'exécution", souligne le fiscaliste.
Délestages électriques réguliers qui plombent l'industrie, les commerces et les cliniques, lenteurs administratives, foncier mal sécurisé, fiscalité perçue comme imprévisible, retards de paiement, etc., sont autant d'éléments qui peuvent rebuter de potentiels investisseurs.
Pourtant, ces derniers se renseignent régulièrement sur des secteurs comme les mines (manganèse, fer de Belinga), l'agro-industrie, l'énergie (la centrale de Kinguélé Aval est en cours de finition) ou le tourisme écologique.
De leur côté, les autorités tentent de remettre de l'ordre dans l'héritage reçu. Le rachat d’Assala Energy marque un tournant pour la souveraineté pétrolière et l'obligation de transformation locale du manganèse vise à capter plus de valeur ajoutée. Toutes ces décisions induisent un changement à marche forcée. La Zone économique spéciale (ZES) de Nkok prouve néanmoins qu’un cadre organisé, doté d'un guichet unique et d'une fiscalité lisible, produit de bons résultats.
Pour redresser l'attractivité, le cap recommandé est clair, rappelle le Cabinet CC&F. Il suffit de stabiliser la fiscalité, numériser les démarches pour gagner en rapidité, garantir une énergie continue aux zones productives et honorer strictement les paiements publics. "Car, les ressources attirent le regard, mais seule la confiance fait venir l'argent", conclut-il.
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