Les habitants du Grand Libreville ont soif d'eau. Une fois encore. Une réalité chronique pour laquelle les solutions préconisées ne se ressentent pas jusqu'ici.
Dans la quasi-totalité des quartiers de cet espace géographique, les coupures d'eau se multiplient et durent plusieurs jours, comme à Sotega ou Nkembo. Comme aussi dans les zones comme Essassa, Nkok et Nkoltang où l'assèchement des robinets devient récurrent.
Ce stress hydrique irrite de plus en plus les consommateurs qui, pour ceux disposant par exemple de moyens roulants, sont contraints de faire le tour des quartiers pour espérer se procurer le précieux liquide, de jour comme de nuit. Aussi, la population est-elle obligée de guetter la moindre goutte comme une grâce, car les stratégies pour la sortir de la soif restent sans succès.
A l'instar du Programme intégré pour l'alimentation en eau potable et l'assainissement de Libreville (Piaepal), qui n'a pas apporté les résultats escomptés. Il était prévu qu'à la livraison finale de tous les chantiers du programme, près de 350 000 personnes auraient accès à la ressource. Mais l'espoir suscité semble s'être envolé. Pourquoi donc ne pas aller vers la solution proposée par Suez ?
Le 29 avril 2025 à Paris, le groupe français et le Gabon ont signé une convention de 200 millions d'euros (131,391 milliards de FCFA) pour améliorer le service de l'eau potable. Suez devait apporter à la SEEG une assistance technique dans la gestion des ressources en eau, le traitement de l’eau, la maintenance des équipements de production et de distribution, mais aussi la gestion des réseaux de transport et de distribution d’eau potable à Libreville et dans les grandes villes de l'intérieur. Pour sa mise en oeuvre, l'entreprise française a créé, depuis plusieurs mois, sa filiale nationale appelée Suez-Gabon qui, selon des sources proches du dossier, n'attend que l'État gabonais pour démarrer les opérations contenues dans le partenariat conclu l'année dernière. Une simple signature retarderait la mise en oeuvre de ce plan stratégique, alors que les moyens financiers et matériels sont déjà mobilisés par le partenaire.
Pour rappel, ce partenariat intervient à la suite de l'audit technique réalisé par le groupe français sur les installations de la SEEG. Le diagnostic, qui a couvert les domaines de la production, de la distribution d’eau et de la clientèle, a révélé que la SEEG perd plus de la moitié de sa production entre Ntoum et le PK 12.
D'où les recommandations afin de permettre à cette société de stocker au moins 95% de l'eau produite, pour solutionner définitivement le problème d'accès à la ressource. Ce que Suez propose au Gabon, il l'a réussi notamment au Sénégal.
Depuis 20 ans, le groupe accompagne en effet ce pays dans ses besoins en eau, dans le cadre d'un partenariat technique avec SEN'EAU, la société sénégalaise chargée de la production et de la distribution d'eau potable en milieu urbain et péri-urbain.
C'est donc l'occasion de rendre ce partenariat effectif. Il est paradoxal que le Grand Libreville soit connu pour être une zone humide par nature, mais l'accès à l’eau potable demeure presque un privilège.
Les causes de cette crise hydrique sont connues, tout comme les solutions. Il ne reste qu'à les mettre en oeuvre et cesser d'imputer le problème à la région de Ntoum, la principale zone d’approvisionnement qui enregistrerait souvent des épisodes prolongés d’étiage qui se caractériseraient par une période de chute brutale du débit des rivières comme la Nzeme.
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