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International

Ghana : Accra face à la crise du cacao

Cacao au Ghana

Le Ghana, deuxième producteur mondial de cacao derrière la Côte d'Ivoire, a annoncé jeudi dernier une série de réformes d'urgence dans le secteur du cacao, dont une baisse du prix à la production, afin de stabiliser sa filière en crise.

La baisse des cours mondiaux de la fève a largement perturbé le secteur, avec une agence nationale confrontée à des difficultés de trésorerie, des arriérés de paiement aux planteurs et d'importants volumes de fèves invendus.

Le cacao est la troisième source de revenus à l'exportation du Ghana après l'or et le pétrole.

Le gouvernement a annoncé jeudi abaisser le prix payé aux producteurs à un peu plus de 41 000 cedis (environ 2 millions de francs) la tonne, contre 58 000 cedis (plus de 2,9 millions de francs) fixé en octobre dernier.

"Cette mesure est devenue nécessaire pour refléter la réalité des cours mondiaux du cacao et assurer une injection immédiate de liquidités", a déclaré le ministre des Finances, Cassiel Ato Forson, lors d'une conférence de presse jeudi à Accra.

Les prix internationaux du cacao ont chuté, passant de 12 500 dollars la tonne en décembre 2024 à 7 000 dollars en octobre 2025. Actuellement, la tonne se vend "à 4 100 dollars", rendant le cacao ghanéen "non compétitif" selon le ministre.

"Il est donc évident que le gouvernement doit faire baisser les prix pour pouvoir se réorganiser et contrôler l'offre sur le marché mondial, car ce sont l'offre et la demande qui déterminent les prix", a indiqué à l'AFP Francis Teinor, président de l'Association des agriculteurs coopératifs du cacao de Mankrong, un village dans le sud du Ghana.

"Nous prions pour que de bons gestionnaires soient en place, qui lorsque l'argent arrive sur les comptes, ne l'utilisent pas pour des choses qui ne font pas partie de la chaîne de valeur", a-t-il ajouté.

L'Office ghanéen du cacao (Cocobod), un organisme public qui fixe les prix, fortement endetté, est à cours de liquidités pour acheter les récoltes.

La situation s'est aggravée lorsque la production est restée inférieure aux volumes engagés dans les contrats de vente.

M. Forson a indiqué que 786 000 tonnes de cacao étaient prévues pour la campagne 2023-2024, mais que seulement 432 000 tonnes ont été produites, entraînant un déficit "inédit et inacceptable" et des pertes supérieures à un milliard de dollars. Le gouvernement a ordonné le remboursement immédiat des arriérés dus aux producteurs et prévoit de soumettre au Parlement un projet de loi garantissant aux planteurs au moins 70% du prix brut à l'exportation.

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