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Faits divers & Justice

Atteinte aux bonnes moeurs et violences physiques : le pasteur Joël Andy Poungou enfin en en prison

Une vue de l’église « Ministère de toutes les Nations, ainsi fait l’Éternel » sise au Bas de Gué-Gué

Il y a encore quelques jours, Joël Andy Poungou recevait à son ministère, serein, une équipe de notre Rédaction, assurant ne faire l’objet "d’aucune recherche ni pression judiciaire". Le temps de la justice a finalement rattrapé l'acteur politique et pasteur des temps modernes.

Depuis le mercredi 11 février dernier, au soir, le prophète croupit dans une cellule de la prison centrale de Libreville, après son placement sous mandat de dépôt validé par le parquet, a confirmé à notre Rédaction, une source judiciaire proche du dossier. L’affaire, instruite initialement par la direction générale de la Documentation et de l’Immigration (DGDI), repose sur un faisceau de preuves particulièrement accablantes.

Plusieurs vidéos et photos devenues virales sur la toile, ces dernières semaines, montrent le religieux en situation compromettante avec de jeunes fidèles de son église située au quartier Bas-de-Gué-Gué, mitoyenne à un dépôt de boisson. Certaines séquences, qualifiées d’obscènes par les enquêteurs, auraient été tournées à l’insu des victimes ou sous la contrainte.

Le mécanisme décrit par les plaignantes est glaçant. Selon leurs témoignages, Joël Andy Poungou aurait utilisé ces enregistrements comme moyen de pression pour réduire au silence celles qui oseraient parler. Un chantage à caractère pornographique doublé d’abus d’autorité spirituelle. Lors de séances de prière privées, le prophète aurait déshabillé certaines fidèles, prétextant des délivrances divines. Ces actes lui valent aujourd’hui deux chefs d’inculpation : atteinte aux bonnes moeurs et violences physiques.

Au-delà des faits eux-mêmes, c’est la personnalité du mis en cause qui alimente les conversations. Joël Andy Poungou n’est pas un pasteur anonyme. À la tête du "Ministère de toutes les Nations, ainsi fait l’Éternel ", il s’est fait connaître par des prédications tapageuses et une ambition politique affichée.

Sa candidature à la députation, bien que soldée par un échec, lui avait ouvert les portes de certaines sphères du pouvoir. Des sources persistantes évoquent des soutiens haut placés dont il aurait bénéficié, jusqu’à récemment. Mais cela n'a pas empêché les enquêteurs de faire leur travail. L’exploitation des échanges téléphoniques et l’audition d’autres témoins pourraient élargir le cercle des victimes présumées. Certaines, par pudeur, n’auraient pas souhaité porter plainte immédiatement. Par peur de représailles ou par crainte du regard de la communauté religieuse ?

Cette affaire survient dans un contexte où les dérives sectaires peinent encore à être pleinement prises en compte par la législation gabonaise. Si le Code pénal réprime les violences et les atteintes aux moeurs, aucun cadre juridique spécifique ne vise les abus commis au sein des groupements religieux. Pourtant, les témoignages se multiplient ces dernières années, décrivant des dérives financières, morales ou sexuelles sous couvert de la spiritualité.

L’incarcération de Joël Andy Poungou pourrait donc faire date. Au-delà du sort personnel d’un homme, c’est tout un système de complaisance qui se trouve ébranlé.

En attendant, le prophète dort en prison. Sur les réseaux sociaux, le débat fait rage entre ceux qui réclament une sanction exemplaire et ceux qui crient au complot contre les hommes de Dieu. Mais les images, elles, ne mentent pas.

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