Depuis le 5 janvier 2026, le système éducatif gabonais est plongé dans une nouvelle zone de turbulences. La grève déclenchée par les enseignants, regroupés notamment au sein de "SOS Éducation La base", est venue rappeler l’ampleur des frustrations accumulées au fil des années : situations administratives non régularisées, précarité persistante de milliers d’agents, lenteur des procédures et déficit de confiance envers l’administration.
Face à la pression sociale, le gouvernement et les partenaires sociaux ont engagé des discussions qui ont abouti à la signature, le 19 janvier 2026, d’un Protocole d’accord de suspension de la grève dans le secteur. Signé avec Jean Chrysostome Ndong Bekale, représentant de "SOS Éducation", ce texte fixait les conditions de la suspension du mouvement et les engagements respectifs des parties.
L’accord précisait clairement son objet : suspendre la grève déclenchée le 5 janvier sur toute l’étendue du territoire national, sous réserve de la mise en oeuvre effective des engagements gouvernementaux.
Ces engagements, annoncés pour entrer en vigueur à compter du 25 février 2026, portaient notamment sur la mise en solde de 328 sortants des ENS et de l’ENSET, la mise en présalaire de 692 sortants de l’ENIL et de l’ENIF, ainsi que l’intégration en présalaire de 1 810 enseignants anciennement bénévoles.
À cela s’ajoutait la régularisation de 4 000 situations administratives sur les 6 574 recensées, soit un peu plus de 60 %, avec la promesse d’un traitement progressif du reliquat dans le cadre d’un Comité de suivi et d’évaluation. En contrepartie, les partenaires sociaux s’engageaient à suspendre immédiatement la grève, reprendre le travail et poursuivre le dialogue dans un esprit constructif. Un Comité de suivi-évaluation, appelé à se réunir au moins une fois par mois, devait garantir l’effectivité des mesures annoncées.
Dans la continuité de cet accord, une réunion de suivi s’est tenue le lundi 26 janvier dernier sous la présidence du vice-président du gouvernement, Hermann Immongault. Autour de la table : les ministres de l’Éducation nationale, de la Fonction publique et du Budget, les membres du Comité de suivi et les représentants de "SOS Éducation La Base".
Les échanges ont porté sur l’état des lieux des dossiers administratifs, leur priorisation, la programmation budgétaire et les préoccupations persistantes de la base enseignante.
Il en est ressorti que 1 810 dossiers de bénévoles devaient être déposés à la Solde dès le lendemain pour mise en présalaire, en présence des représentants syndicaux, et qu’une méthodologie concertée de suivi avait été arrêtée.
La programmation des actions à venir faisait état de 348 intégrations en solde, 1 810 mises en présalaire et 4 000 régularisations liées aux avancements et reclassements, pour un coût global estimé à 16 milliards de FCFA, soit environ 40 % de la marge budgétaire consacrée en 2026 à la gestion des situations administratives des agents civils de l’État.
Si les représentants de "SOS Éducation la Base" ont salué la transparence des échanges, ils ont néanmoins formulé plusieurs revendications supplémentaires : l’affectation exclusive des 4 000 situations administratives aux chargés de cours, l’examen de 1 000 dossiers additionnels, la publication d’un chronogramme officiel et la question sensible du paiement des vacations.
Autant de points qui ont suscité des réponses prudentes du vice-président du gouvernement, rappelant les contraintes macro-budgétaires et le plafond national fixé à 12 000 situations administratives pour l’année 2026.
C’est dans ce contexte qu’est apparu un protocole d’accord consolidé de suspension de la grève. Un document plus ambitieux intégrant, en plus des engagements initiaux, des perspectives de digitalisation des procédures et de réforme du cadre légal de la carrière enseignante. Ce nouveau protocole a déjà été paraphé par les représentants de "SOS Education", du SENA et du SYTECHPRO, ainsi que les ministres concernés. Il devrait également être paraphé par les représentants de "SOS Education la base" qui étaient attendus au ministère hier, jusqu'au moment où nous mettions sous presse.
Elèves, parents, et même de nombreux enseignants, espèrent que cette fois, avec ce nouveau protocole, le mouvement de grève qui dure depuis plus d'un mois, pourra être suspendu, pour une reprise des cours imminente.
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