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Économie

Kougouleu, possible sursaut de la souveraineté rizicole

Rizière à kougouleu

Est-ce que la visite d'une délégation du ministère de l’Agriculture, le 17 janvier passé, sur le site d’expérimentation rizicole, situé à Kougouleu à 55 km de Libreville, et l'entretien accordé par le ministre Pacôme Kossy au Dr Dea Yonnelle Moukoumbi, le 19 janvier, marquent la renaissance de la filière rizicole au Gabon ? Personne ne peut le dire avec certitude, mais Kougouleu peut représenter, si le gouvernement le souhaite, un tournant décisif pour l’agriculture gabonaise.

Un peu dans l'indifférence générale, le Dr Dea Yonnelle Moukoumbi et ses équipes ont réussi à améliorer et homologuer, en 2025, trois variétés nationales de riz. Les recherches de l’Institut de Recherches agronomiques et forestières (IRAF) ont abouti à des performances records : la variété Cheyi affiche un rendement de 8 tonnes à l'hectare, tandis que les variétés Mboma et Moukafaci 1 atteignent 7 t/ha. Ces semences "made in Gabon", multipliant par trois les rendements traditionnels, positionnent le pays au sommet des standards régionaux. Outre le riz blanc, l'innovation s'étend au riz noir qui est une niche de luxe pour l'exportation.

Pourtant, cela fait des années que le Dr Yonnelle Moukombi et ses équipes attendent que leurs travaux soient enfin pris en compte par le gouvernement. Car entre 2020 et 2024, le programme a survécu grâce à des fonds propres (2 millions FCFA mensuels) et au soutien de la JICA, AfricaRice et KAFACI, les pouvoirs publics ne consentant qu'une aide très ponctuelle.

Alors que la recherche de souveraineté alimentaire et l'interdiction d'importer du poulet de chair dès 2027 obligent à repenser tout le système agricole, Kougouleu a fourni une partie des armes techniques. L'État doit désormais financer la bataille de la production. À partir de la Stratégie nationale du développement rizicole, quatre notes conceptuelles attendent leurs financements.

Pour transformer cet essai scientifique en succès industriel, la SNDR prévoit un investissement de 47,1 milliards de FCFA sur cinq ans. Ce plan se structure autour de la transformation et commercialisation (20 milliards) , la mécanisation (16 milliards), l'intensification de la production (6,2 milliards) et la gouvernance (4,9 miliards).

L'enjeu est de taille puisque la riziculture pourrait générer 15 000 emplois et 12 milliards de FCFA de recettes fiscales annuelles.

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