L'un s'est produit le 8 juin 2004, l'autre dans la nuit du 8 au 9 mars 2023. Voilà donc près de 22 ans de silence pour la première affaire, et bientôt 3 ans pour la seconde. L'on parle, pour le premier dossier, du crash d'un avion de la compagnie Gabon Express, survenu au nord de Libreville. Et pour l'autre, du naufrage du navire Esther Miracle, dans la zone de la Pointe-Denis.
L'aéronef de la compagnie précitée, qui venait de décoller de l'aéroport international de Libreville, transportait 30 personnes en direction de Franceville. Le bilan est connu de tous : 19 morts et 11 rescapés.
Quant au ferry exploité par la société Royal Coast Marine, il avait coulé près de la capitale alors qu'il était en partance pour Port-Gentil. Si 16 passagers n'ont pu être retrouvés, les chiffres officiels font état d'au moins 21 morts.
Alors qu'ils sont entre ses mains , la justice gabonaise peinent à rendre sa décision. Donnant l'impression de les avoir rangés dans les tiroirs, alors que les rescapés encore en vie et les familles des personnes disparues attendent toujours d'être situés définitivement.
L'ampleur suscitée par ces tragédies est loin de se diluer. Du moins pour les familles endeuillées. Pour les collectifs des parents des victimes, "tant que ces affaires ne connaîtront pas leur dénouement judiciaire, il leur sera impossible de faire leur deuil". Car jusqu'à ce jour, au niveau des instances judiciaires, aucune avancée notable n'a pu être enregistrée pour entrevoir une issue certaine.
À quel niveau se situe le goulot d'étranglement? L'avion de Gabon Express était-il vraiment assuré ? Quel était son état mécanique réel pour qu'une avarie survienne aussi rapidement après le décollage ?
Ces questions, les parents des victimes se les posent sans cesse. Ils se les poseront encore, lors des anniversaires respectifs de ces tragédies, autrement dit dans cinq mois pour Gabon Express. Et dans deux mois pour Esther Miracle, dont un procès a failli tout de même se tenir devant le Tribunal correctionnel de Libreville, le 8 août 2025.
Officiellement pour cause de procédures, la juridiction citée précédemment a reporté l'audience à la rentrée judiciaire pour l'année 2025-2026. Après le procès de Noureddin et Sylvia Bongo, ainsi que leurs dix coaccusés, l'affaire n'a toujours pas été rappelée à la barre. Combien de temps la justice, dont "les décisions sont rendues au nom de peuple gabonais", aurait-elle encore besoin pour se prononcer définitivement sur ces deux dossiers ?
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