Le Gabon s'apprête à réguler l'espace numérique via l'instauration d'une "majorité numérique" fixée à 16 ans. Concrètement, les mineurs en dessous de cet âge ne pourraient accéder aux réseaux sociaux qu'avec un consentement parental explicite.
Présentée comme une réponse aux dérives observées en ligne cyberharcèlement, exposition à des contenus sensibles et troubles à l'ordre public numérique, cette mesure intervient dans un contexte encore marqué par la suspension temporaire de plateformes comme Facebook ou TikTok en février dernier. Une décision qui avait déjà suscité de vifs débats au sein de l'opinion. Un débat auquel n'échappe pas la majorité numérique sur la toile. Et les réactions des internautes oscillent entre ironie, doute et propositions alternatives. ''C'est déjà interdit pour nous les adultes, donc pas de galère si l'interdiction s'étend jusqu'à la petite enfance ?'', ironise Lorene Kengue. Une manière de pointer du doigt les restrictions passées jugées excessives.
D'autres soulignent les limites pratiques d'une telle réforme.
''Ils vont vérifier ça comment ? Un U14 peut mettre une date supérieure pour se connecter'', questionne Lebala, inquiet de l'applicabilité réelle du dispositif. Même son de cloche chez François qui demande : ''Comment vont-ils contrôler ça… impossible !''
Certains internautes renvoient la responsabilité aux familles. Gabriel estime ainsi qu'''un parent normal n'a pas besoin d'attendre la mesure de l'État'', remettant en cause la nécessité même d'une intervention publique. Tristan Assoumou appelle, lui, à la prudence. ''Faudrait qu'ils prennent le temps de bien finaliser l'applicabilité [...] la jeunesse d'aujourd'hui peut parfois se montrer plus maline que les adultes."
Dans une approche plus structurée, Okome Ze suggère d'impliquer directement les parents à travers une loi qui leur serait imposée, tandis que Boma Amande propose une transformation plus profonde, à savoir : créer des data centers locaux, un cloud gabonais… ''Sinon bloquer les réseaux sociaux aux moins de 16 ans est impossible.''
Enfin, Bryson Pax pose une question qui résume le flou entourant la réforme : ''C'est à cause des moins de 16 ans que les réseaux sociaux sont bloqués ou bien l'idée est venue seule ? '' Entre volonté politique de protection et réalités techniques, le Gabon avance sur une ligne de crête. Reste à savoir si cette majorité numérique sera un outil efficace… ou une mesure de plus difficilement applicable.
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