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Politique

Mairie de Libreville : "Dernière chance !"

Eugène Mba, maire de libreville

Lors de la cérémonie d’installation du nouveau maire de Libreville, loin d’être protocolaire, le discours du ministre de l’Intérieur Adrien Nguema Mba a pris des accents de réquisitoire politique. Face à Eugène Mba, et à son prédécesseur Pierre Matthieu Obame Etoughe, le membre du gouvernement a sonné l'alarme. "À un moment donné, on a voulu dissoudre le conseil municipal", a-t-il révélé. Une confession qui en dit long sur la gravité des dysfonctionnements ayant secoué l'Hôtel de Ville de Libreville : divisions internes, conflits d’intérêts et paralysie de l’action publique.

"Le président de la République vous donne une chance… une dernière chance", a-t-il averti. Rarement un avertissement aura été aussi direct. Derrière cette déclaration, c’est la survie même de l’équipe municipale qui est en jeu. Plus qu’un simple mandat, c’est un ultimatum. Dans une Ve République naissante, Libreville devient, à l'en croire, un symbole. "Tous les yeux de la République sont braqués sur vous", a-t-il insisté. Autrement dit, l’échec local aura une résonance nationale.

Le diagnostic est sévère. Concentration du pouvoir, marginalisation des mairies d’arrondissement, budgets jugés dérisoires, suspicion de détournements : la liste des griefs est longue. L’exemple des 70 millions alloués aux arrondissements, loin des 500 millions espérés, illustre un déséquilibre structurel que le ministre appelle à corriger d’urgence. "70 millions, ce n’est pas possible", a-t-il tranché, dénonçant la faiblesse des moyens que le maire sortant comptait accorder aux arrondissements et appelant à une véritable déconcentration du pouvoir municipal. À cela s’ajoutent les dérives de gouvernance : centralisation excessive, budgets mal orientés et soupçons persistants autour de la direction des Marchés."On ne vient pas à la mairie pour se faire un matelas financier", a-t-il lancé, dans une mise en garde explicite contre les détournements. Avant d’enfoncer le clou : "Je ne veux pas voir de parents autour de vous !", visant les pratiques de favoritisme. L’exigence d’unité, elle aussi, a été martelée : "Soyez un, même si vous ne vous aimez pas".

Une formule choc, reflet d’un climat interne délétère que le nouveau maire devra impérativement apaiser. Eugène Mba hérite ainsi d'une mairie sous pression, fragilisée mais encore réformable. Entre continuité administrative et rupture politique, sa mission est de transformer cette "dernière chance" en tournant décisif. Car cette fois, l’avertissement est limpide : si Libreville échoue encore, il n’y aura plus de seconde opportunité.

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