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Société & Culture

Jean Trolez : la dernière pose

Jean Trolez, ancien photographe

Pour les générations des années 60-70, voire 80-90, la photographie au Gabon avait un nom : J.Trolez. L'homme s'était fait une passion de mémoire et de témoignage en fixant par l'image la vie au Gabon. Une vie plurielle, diverse et insoupçonnée. Il débarque à Libreville les premières années de l'Indépendance (en 1964), et devient pour le compte de l'ambassade de France au Gabon, agent de projection cinématographique. Prémices d'un emballement futur pour l'illustration : il se dote d'un simple appareil photographique, pour capter son environnement (forge, cuisson, cuisine en écorce, bananeraie, palmeraie, école de village, route en latérite, piste sauvage…).

La passion se décuple et tout y passe. Il capitalise ces acquis et révolutionne l'art, en créant les premières cartes postales couleurs au Gabon sur des images prises dans les villes (on lui doit beaucoup les images de Libreville des années 60), villages, campements pygmées, les paysages, la faune, la flore, les cours d'eau, à travers lesquels transparaît un regard singulier, révélateur du détail, de l'insolite, du merveilleux, de l'étrange. Pour y parvenir, ce pionnier sillonne les coins et recoins du Gabon pour fixer par l'image les scènes de vie, de culture, de traditions, les plages de Libreville, la luxuriante Lopé, les infrastructures de développement. Image après image, il accompagne son pays d’adoption dans son cheminement de croissance : les grands chantiers, les grandes acquisitions (port en eau profonde d'Owendo, le Transgabonais, Air Gabon…). 


Au fil du temps et au gré des circonstances son art se peaufine et impose une marque. Dans les années 70 il ouvre son studio photo Tropic Photos (qui mua plus tard en Tropic Color, puis Pep's), l’un des premiers à équipements modernes de Libreville. Une réalisation qui impulse son activité et affine son art au point d'en faire le pionnier de la promotion du tourisme gabonais.


Disparu le 13 janvier 2026 à Concarneau (France), à 86 ans, il laisse au Gabon une mémoire visuelle unique, quoique partiellement détruite. Un legs inestimable par sa portée patrimoniale nationale. Jean Trolez restera à jamais un Blanc d’ici.

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