Il n’a fallu que quelques heures aux enquêteurs pour démêler la première affaire. Dans la nuit du 25 au 26 avril 2026, deux résidences situées derrière le stade de l’Amitié, d’angondjé, sont visitées par des malfaiteurs d’un genre particulier : aucune porte forcée, aucune fenêtre brisée. Les victimes, dont la plupart sont des hautes personnalités de la République, au réveil, découvrent leurs logements délestés de nombreux biens. Le bilan est lourd : des ordinateurs portables, des téléphones, des disques durs, des bijoux en or, des cartes bancaires, des documents d’identité : passeports, permis de conduire, cartes de santé. Côté argent : près de 800 000 FCFA en espèces, auxquels s’ajoutent des devises étrangères.
L’absence totale d’effraction frappe d’emblée les policiers. Elle trahit une préparation minutieuse et une connaissance des lieux. L’enquête de voisinage permet de localiser deux caméras de surveillance appartenant à un riverain, mais leur obsolescence rend les images inexploitables. Un sac de marque Gucci, abandonné non loin des scènes de crime, constitue néanmoins un premier indice tangible.
C’est finalement l’exploitation des réquisitions adressées aux opérateurs de téléphonie mobile qui fait basculer l’enquête. Les investigations numériques remontent jusqu’au nouveau propriétaire d'un des téléphones volés, un certain Olgain Lionel Zoa Messo, 34 ans, chauffeur de taxi. Interpellé, il est retrouvé en possession de l’appareil. Il affirme l’avoir découvert dans son véhicule, oublié par un passager qu’il désigne sous le surnom de "Padouk". Le fil est trouvé. Les enquêteurs le remontent sans attendre.
Antoine Régis Mboumbou Ngoma, alias "Le Padouk", 24 ans, militaire révoqué, sans emploi, est rapidement arrêté. Le personnage est connu des services judiciaires. Il avait déjà été incarcéré à la prison centrale de Libreville pour vol aggravé. Devant les enquêteurs, il reconnaît les faits et admet avoir revendu l’un des ordinateurs et un disque dur à l’ancienne Gare routière. Deux receleurs tombent à leur tour dans les filets : Yannick Fokam, 29 ans, remis en liberté provisoire depuis décembre 2025 après neuf mois de détention, et Arnaud Fonkeu, 46 ans. Les quatre hommes seront déférés en justice pour association de malfaiteurs, vols aggravés et recel.
Quelques jours plus tard, dans la nuit du 8 mai, c’est dans le quartier d’Avorbam, qu’une nouvelle série de vol éclate. Cette fois, il s’agit de fractures de véhicules. Deux noms émergent rapidement ; Ousmane Mboudy Diouf et surtout Rock Junior Mabicka, alias "Jack". Ce dernier présenté comme "un vieux cheval" est connu des services judiciaires. Six incarcérations à son actif pour des faits strictement identiques, selon ses propres aveux. Sorti de prison, il y a à peine trois mois, il n’aura pas attendu longtemps avant de récidiver.
Le mode opératoire est rodé. Avec son complice, il loue un véhicule et se rend à Akanda. Là, il fracture deux voitures, emportant numéraires et documents. Mais Jack ne s’arrête pas au simple vol. Lorsque le butin contient des pièces d’identité ou des papiers personnels, il prend soin de retrouver le numéro de la victime et la contacte : rendre ses affaires a un prix, entre 50 000 FCFA et bien davantage, selon ce qu’il détient. "Parfois ils acceptent, parfois pas", lâche-t-il froidement aux enquêteurs. Les deux complices sont interpellés et placés en garde à vue. Ils attendent aussi d'être présentés à la justice.
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