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Société & Culture

Front social : le gouvernement à la manoeuvre

Mouvement de contestation

Tout part de l’Éducation nationale. Depuis plusieurs semaines, les enseignants expriment une colère profonde, nourrie par des revendications qui dépassent le seul cadre pédagogique. Titularisation des agents, reclassements administratifs, paiement des rappels de solde : autant de dossiers en souffrance qui concernent, au-delà des enseignants, presque tous les agents publics. Et donc la Fonction publique.

Devenue le point de départ de la contestation, la grève des enseignants passe ainsi pour être le révélateur d’un malaise plus large. Preuve, alors que le gouvernement a engagé des négociations avec les leaders syndicaux de l’Éducation nationale, la contestation s’est progressivement étendue à d’autres secteurs. Dans la foulée, un nouveau collectif baptisé “Urgence Santé” a vu le jour. Les revendications portées par les personnels de la santé, toutes catégories confondues : sages-femmes, infirmiers, brancardiers, etc., sont, à bien des égards, similaires à celles des enseignants, puisque portant également sur l'amélioration des conditions de travail, la régularisation des situations administratives et le respect des engagements de l’État.

Parallèlement, un mouvement inédit, dénommé “Mouvement Intelligensia” a émergé dans l’Enseignement supérieur et la Recherche. Se voulant totalement indépendant, celui-ci regroupe des enseignants-chercheurs qui se disent lassés des atermoiements et du silence des syndicats traditionnels.

“Mouvement Intelligensia” dénonce la précarité persistante, les conditions de travail dégradées et l’absence de perspectives claires pour les chercheurs. Fait notable, ce collectif annonce le début de sa grève dès cette semaine, alors même que les syndicats avaient été reçus vendredi dernier par le nouveau ministre de tutelle, Pr Charles Edgar Mombo, lui-même enseignant- chercheur La liste des secteurs en ébullition ne s’arrête pas là. L’Organisation nationale des employés du pétrole (ONEP) s'est invitée et brandit la menace d’une grève à compter de fin janvier en cours. Les communicateurs regroupés au sein du Syndicat des professionnels de la communication (Syprocom), ont pour leur part déposé un préavis de grève. Ils réclament notamment l’adoption d’un statut particulier pour leur corps de métier. Reçus récemment par le nouveau ministre de tutelle, Germain Bihadjoy, ils estiment que la rencontre a permis de désamorcer, provisoirement, la crise. L’assemblée générale prévue ce mardi devrait toutefois décider de la suite à donner à leur mouvement d'humeur.

Les chômeurs ne sont pas en reste et veulent désormais faire entendre leur voix. Leur trouvaille, à savoir le collectif "SOS Chômage", annonce un grand rassemblement le 26 janvier 2026 à 15 heures. Preuve supplémentaire d’un climat social de plus en plus chahuté.

Face à cette accumulation de foyers de tension, le gouvernement se retrouve à l’épreuve d’une crise sociale qu’il n’avait manifestement pas anticipée à l’orée de cette Ve République. Pour tenter d’enrayer la dynamique, l’Exécutif a multiplié les signaux d’apaisement.

Après les discussions engagées avec les syndicats de l’Education nationale, la ministre de la Fonction publique, Laurence Ndong, a convoqué, hier, l’ensemble des directeurs centraux des ressources humaines de tous les ministères. Objectif : examiner en détail la situation administrative des agents publics et faire un état des lieux précis des dossiers en instance, notamment les intégrations, les avancements et les reclassements.

“Après plus de 10 ans de gel, les agents publics veulent savoir clairement quelle est leur situation administrative”, a-t-on fait valoir au sein dudit ministère. Cette démarche, salutaire à tout le moins, vise à disposer d’une vision claire avant toute communication officielle et, surtout, à désamorcer une tension sociale qui menace de se transformer en véritable front social.

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