Aller au contenu principal
Politique

EPG : dialoguer avec le pouvoir, un crime politique ?

Annie Léa Meye, figure féminine d'Ensemble pour le Gabon (EPG)

Au Gabon, l’histoire se répète, semble-t-il. Chaque fois qu’un membre éminent de l’opposition accepte de rencontrer le pouvoir, l’onde de choc est interne et immédiate. Certains partis se réclamant de l'opposition ont trouvé le moyen de transformer le dialogue en faute politique. Dernier exemple en date ? Annie Léa Meye, figure féminine d'Ensemble pour le Gabon (EPG).

Le 19 mars, elle participait à la rencontre avec le président Brice Clotaire Oligui Nguema, aux côtés d’acteurs politiques de tous bords. La réaction de son parti a été instantanée. EPG a condamné sa démarche et annoncé des sanctions. "Le parti ne saurait cautionner la présence à cette audience, de l'un de ses membres les plus en vue", indique le communiqué pondu à cette occasion.

Une sanction qui semble relever d’un réflexe récurrent : dialoguer avec le pouvoir est perçu comme un acte de trahison. Échanger avec le pouvoir devient un crime politique, même quand l’intérêt de la nation est en jeu. Et cette rigidité n’est pas nouvelle. À chaque cycle politique, certaines figures de l’opposition osent tendre la main, et chaque fois, le même scénario se répète.

Les sanctions tombent plus vite que les débats, et le dialogue devient un terrain miné. Les réunions avec le chef de l’État se transforment en piège, et l’initiative individuelle devient un risque. Mais dans le contexte gabonais, il existe une nuance : les partis savent que certains acteurs qui acceptent de dialoguer peuvent avoir des agendas cachés, chercher des avantages personnels, ou négocier des positions au détriment du parti. Cette suspicion, réelle ou non, alimente la rigidité et justifie, aux yeux des dirigeants, la punition systématique. De quoi se demander si dans un parti politique, les initiatives individuelles ont encore droit de cité.

Les leaders incarnent-ils à eux seuls la vision et la parole du parti, au point de faire de chaque démarche personnelle une transgression ? Et si un membre influent ose agir pour le bien du pays, doit-il nécessairement être puni pour cela ? Mieux, les partis d’opposition sont-ils prêts à parler, ou préfèrent-ils se cantonner à la confrontation permanente ? "C'est toujours important de discuter. Et puis nous avons insisté que ce n'est pas parce que nous ne sommes pas du même bord politique que nous sommes des ennemis. Nous sommes des patriotes, c'est l'intérêt du Gabon qui est avant tout important pour nous", confiait Annie-Léa Meye au sortir de la rencontre.

Dans ce jeu de sanctions et de représailles, l'on assiste à une répétition qui semble sans fin. Son parti aurait voulu en tout cas "un véritable cadre de dialogue constructif avec les forces politiques de l'opposition". Une messe de plus ?

random pub

EDIG
Publicom, 1ère régie publicitaire au Gabon
Face à L'Union
image
Logo